Après la goyave de France… le zamal de Hollande !

On ne dira jamais assez les terribles ravages de la mondialisation, l’horreur économique née de l’impitoyable loi des marchés, la destruction des petits producteurs par la globalisation et l’ultra libéralisme. La Réunion est au premier rang des laissés-pour-compte, une fois de plus…
Comme si notre agriculture n’était pas assez amochée déjà ! Il y avait la carotte d’Australie ; les oranges d’Afrique du Sud ou de Jaffa ; le poisson d’argent (façon bichiques) de Thaïlande ; le poisson rouge d’Inde ; les crevettes de Madagascar ; les grenades d’Israël ; le gingembre chinois ; les lentilles d’Antsirabé ; et, on se gardera bien de l’oublier, la goyave de France.
Voici qu’aujourd’hui un terrible péril s’ajoute à ces redoutables fléaux, le zamal de Hollande. Après le fromage du même nom. Plus dur, plus pur, plus "efficace", moins cher que notre bon vieux zamal de grand-papa, il prétend enfumer les cerveaux mieux que not’ vieux la paille pays !
Nos planteurs d’herbe interdite étaient déjà en butte aux assauts des limiers des forces de l’ordre. Suant sang et eau, années de prison après mois de taule, pour élever quelques malheureux plants qu’ils tentent tant bien que mal (plutôt mal d’ailleurs) de dissimuler aux regards indiscrets.
Car ne vous y trompez pas, madame, monsieur et bonnes d’enfants, si j’écris par ailleurs que le zamal pousse facilement (quand on ne s’y attend pas), en faire une exploitation raisonnée et rentable réclame de la part de l’audacieux obstination et tours de reins : planter du zam’ n’est rien en soi. C’est une autre paire de manches que de créer un environnement favorable, au moyen de plantations collatérales qui dissimuleront le fruit défendu aux regards des autres. Blood, sweet and tears…
Sandwiche américain et autres hamburgers (équivalents d’une intraveineuse de cholestérol pur) sonnent déjà le glas du rougail saucisses. Voilà le zam de Hollande, maintenant. Je suggère à mon ami Vaxelaire le titre d’un nouveau roman, bien dans ses cordes, "La nouvelle guerre des épices".
Fumeux, non ?
Jules Bénard


