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Alcoolisation fœtale : "Seule l'abstinence protège le bébé"

Ecrit par S.I. – le mardi 9 septembre 2025 à 06H57

Chaque année, des milliers d’enfants naissent en France avec des séquelles irréversibles liées à la consommation d’alcool pendant la grossesse. À La Réunion, où un enfant porteur de troubles liés à l’alcool voit le jour tous les deux jours, la mobilisation porte ses fruits. Mais les professionnels alertent : près d’une femme enceinte sur quatre continue à boire, et un enfant atteint de Troubles du Spectre de l'Alcoolisation Fœtale (TSAF) naît tous les deux jours.

À l’occasion de la Journée internationale de prévention des Troubles du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale (TSAF), célébrée chaque 9 septembre, le Centre de Ressources TSAF de La Réunion a lancé une série d’actions de sensibilisation financées par la Préfecture, l’ARS et la Région. Unique en France, ce centre, créé en 2016 et co-porté par le CHU de La Réunion et la Fondation Père Favron, est dirigé par le professeur Bérénice Roy-Doray.

Un modèle réunionnais salué au niveau national

Depuis près de dix ans, l’île s’illustre par son engagement dans la lutte contre ce handicap évitable grâce au SAFTHON, une mobilisation qui a permis d’épargner près de 1.000 enfants et de réduire de manière spectaculaire la consommation d’alcool pendant la grossesse. Aujourd’hui, seulement 7 % des femmes enceintes réunionnaises déclarent en consommer, contre 27 % en métropole. 

Lire aussi : Alcoolisation fœtale : un combat sans relâche et des avancées considérables à La Réunion

Une réussite attribuée à une stratégie globale mêlant prévention en milieu scolaire, accompagnement médico-social structuré et campagnes de communication. Ce modèle réunionnais, désormais cité en exemple, fait l’objet d’une proposition de résolution à l’Assemblée nationale afin d’être étendu au niveau national.

Un handicap évitable mais encore trop présent

Car le constat reste préoccupant : à La Réunion, un enfant porteur de TSAF naît tous les deux jours et près d’une femme sur quatre consomme de l’alcool pendant sa grossesse. Premier handicap non génétique en France, le TSAF se traduit par des atteintes physiques, intellectuelles et comportementales irréversibles. 

Lire aussi : Lutte contre le SAF : "Il est regrettable de ne rien faire quand la vie nous en donne les moyens"

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) touche environ une naissance sur 1.000, tandis que les troubles neuro-développementaux liés à l’alcool (TNDLA) concernent au moins une naissance sur 100. "L’alcoolisation fœtale est la première cause de handicap non génétique et pourtant totalement évitable", rapportent les autorités sanitaires. 

Les conséquences de l’exposition prénatale à l’alcool sont souvent mal comprises. Les enfants peuvent présenter de l’agitation, des difficultés scolaires, de l’impulsivité ou encore des troubles émotionnels, comportements parfois perçus comme un manque de volonté alors qu’ils résultent directement de lésions cérébrales irréversibles. Une prise en charge adaptée est donc indispensable pour favoriser leur développement et leur intégration sociale.

Des messages simples, mais sans compromis

Pour faire reculer ce fléau, le Centre de Ressources TSAF a renforcé ses actions de sensibilisation. Une campagne grand public est déployée sur les bus, dans les rues et sur les ondes radios. En parallèle, un partenariat avec le Rectorat a permis de lancer le projet "Un cerveau, ça se construit sans alcool" dans plusieurs collèges, afin d’alerter les adolescents sur les risques liés à la consommation avant 25 ans, période clé pour le développement du cerveau.

Les messages sont clairs : aucun alcool avant et pendant la grossesse, ni durant l’allaitement, et une vigilance accrue jusqu’à 25 ans. Tous les alcools sont concernés, du vin au champagne en passant par la bière ou le rhum, chacun contenant la même quantité d’alcool pur. Comme le rappelle le centre, "seule l’abstinence protège le bébé".

À travers cette mobilisation, La Réunion confirme son rôle pionnier dans la prévention des troubles liés à l’alcoolisation fœtale et montre la voie d’une politique de santé publique ambitieuse que SAF France espère voir généralisée dans tout le pays.

Etiquettes : Alcoolisation fœtale | SAF

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