Aides agricoles après Garance : lourdeurs administratives et impatience

Un mois après le passage de Garance, les agriculteurs ont manifesté leur mécontentement concernant l’insuffisance des aides et les lourdeurs administratives. Une rencontre avec des élus du Département a eu lieu ce lundi.
Une cinquantaine d’agriculteurs se tenaient devant les grilles du Palais de la Source en ce lundi matin, à l’initiative des syndicats (CGPER, JA et FDSEA.
Depuis le passage de Manuel Valls après le cyclone Garance, des promesses et des annonces ont été faites par les décideurs. En effet, le monde agricole a souffert du météore, et les pertes s’élèvent à plus de 160 millions d’euros.
Entre deux visites de terrain, le ministre des Outre-mer a promis une aide s’alignant sur celle du Département, à hauteur de quelque 15 millions d’euros. Une enveloppe en deçà des besoins réels, qui, le mois dernier, avait suscité l’interrogation des filières.
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La grande interrogation est de savoir quand ces aides vont tomber. Les agriculteurs l’ont répété maintes et maintes fois : il faut des solutions d’urgence. Or, après un mois, rien. « Le temps passe et on ne voit pas de mesures arriver », souffle le premier vice-président de la Chambre Verte et président des Jeunes Agriculteurs, Guillaume Sellier.
Raccourcir au mieux les délais
Reçue dans la matinée par le premier vice-président du Département, Serge Hoareau, une délégation incluant les syndicats, le président de la Chambre d’Agriculture de La Réunion et une représentante de la coopérative de la Sicalait s’est entretenue pendant plus d’une heure.
Au terme de cette réunion, prévue une semaine en amont, les agriculteurs ressortent quelque peu mitigés, une nouvelle fois. « Là où la FDSEA est satisfaite, c’est que toutes les filières sont reconnues », explique Sarah Salah Aly.
Ce qui a été pris en compte aussi, ce sont les délais. Parmi les trois dispositifs mobilisés pour venir en aide aux agriculteurs, le premier est l’aide à la relance (6 millions d’euros), ouverte à partir d’aujourd’hui. Les exploitants disposent d’un mois pour déposer leur dossier (date butoir : 30 avril). Serge Hoareau a affirmé que ces aides ne seront pas versées à l’issue de la date butoir, mais dès que les dossiers sont déposés et validés.
L’aide à la trésorerie, reliquat de l’enveloppe FEADER (9 millions), est également mobilisée dans les 15 millions d’euros d’aide du Département. Un agriculteur bénéficiant de ce coup de pouce peut également prétendre à une troisième aide, pour effectuer des réparations sur l’exploitation. Cette dernière n’est pas chiffrée.
Une nouvelle réunion est prévue prochainement entre l’État, le Département, la Région et les syndicats agricoles pour échanger sur les sujets liés à l’agriculture. La date n’a pas encore été communiquée.
Un plus grand soutien de l’État pour l'agriculture
« Aujourd’hui, on attend des réponses de l’État », explique Olivier Fontaine, président de la Chambre Verte. « 160 millions de pertes ne veut pas dire 160 millions d’indemnités », souffle-t-il, alors qu’une nouvelle rencontre avec Manuel Valls doit se tenir lors de son prochain déplacement sur l’île.
Le ministre des Outre-mer avait en effet demandé aux agriculteurs de dessiner les contours de nouveaux dispositifs pour mieux répondre aux réels besoins du terrain. « On reste optimiste sur cela », confient les exploitants.
Autre course contre-la-montre : la reconnaissance de calamité agricole. L’arrêté n’a toujours pas été signé à Paris, ce qui pénalise bon nombre d’agriculteurs sur l’île. « À ce jour, l’arrêté de calamité agricole n’a toujours pas été signé, alors même que les pertes sont estimées à plus de 160 millions d'euros. Le Département en appelle à une réaction rapide et à une mobilisation forte de l’État pour accompagner efficacement les agriculteurs touchés », commente Serge Hoareau.
Depuis ce lundi 24 mars, les agriculteurs sinistrés peuvent déposer leurs demandes d'aide sur la plateforme : subventions.departement974.fr
Un numéro vert – 0800 000 490 – et une adresse courriel [email protected] sont également à leur disposition. Les dossiers peuvent être déposés jusqu’au 30 avril et seront traités de façon accélérée.


