Agression d'un médecin et de deux pompiers : Deux frères écroués

Puis, ils prennent la fuite en voiture. Mais en chemin, l’un des deux est pris d’un malaise. Ils se dirigent chez SOS médecins à Ste-Clotilde. Le médecin est alerté et sort dans la cour. C'est Yann C. qui fait un œdème de Quincke. Le médecin lui fait une piqûre d’adrénaline et le conduit ensuite à l’intérieur du cabinet. Soudain, il revient à lui et s’en prend cette fois-ci au médecin en lui portant plusieurs coups, puis dégrade l'extracteur d’oxygène qui sera notamment inutilisable. Le médecin a 10 jours d’ITT.
Maître Motos plaide pour le médecin blessé. Il explique que son client soignait un bébé de 26 jours lorsqu'un des frères était venu l’attraper par le col pour l’emmener dehors. "Il a sauvé la vie de ce monsieur qui l’a ensuite roué de coups". Il a une fracture de la mâchoire et un traumatisme moral et la peur des représailles. Des menaces ont été proférées : "Mi va tuer a ou et je vais violer ta femme et tes enfants". Désolé, mais il travaillera avec un taser derrière son bureau explique la robe noire qui demande un renvoi sur intérêts civils.
À la barre, Jean reconnaît les faits et s’excuse. "J’ai été pris de panique", explique-t-il à la présidente. Jean a 10 mentions à son casier. Il a été incarcéré au moins 5 années, mais promet au tribunal qu'il va changer. Son frère Yann explique qu’il ne pouvait plus respirer. Pour autant, Il n'explique pas ses gestes. Son casier comporte 12 mentions et il se trouve en récidive d’une condamnation qui date de décembre 2016. Il a déjà passé au total 5 années en détention.
Les deux pompiers et le SDIS se portent partie civile. Ils demandent chacun 1.000 euros pour le préjudice moral. Le SDIS évoque un arrêt de travail des deux victimes jusqu’au 9 septembre et un besoin de réorganisation des services. Il demande un renvoi sur intérêts civils afin de pouvoir chiffrer le préjudice subi par l'institution. Le Conseil départemental de l’ordre des médecins se constitue également partie civile. Par l’intermédiaire de leur avocate, il demande la somme de 1 euro symbolique de dédommagement. L'ordre s'est exprimé dans un communiqué : "Horrifiés par la brutalité et l’impensable d’une agression visant un médecin en service, soignant sans distinction, dans le plus essentiel esprit humaniste et fidèle au Serment d’Hippocrate, la communauté médicale et son Ordre des Médecins saluent l’Homme de Médecine pour son héroïsme et condamne l’odieux. "
De façon assez étonnante vu la gravité des faits, le parquet requiert une peine de 2 ans de prison dont 1 an assorti du sursis probatoire pour Yann et une peine de 20 mois de prison dont 10 mois de sursis probatoire pour son frère Jean. La représentante de la société demande leur incarcération.
En défense, Me Jean-Christophe Molière, rappelle que "ce n’est pas le procès de toutes les incivilités mais de deux mis en cause qui devront assumer leur stupidité mais qui n’avaient pas l’intention de violenter des pompiers ni du personnel de santé".
Les deux frères, qui avaient été interpellés par les gendarmes de la brigade de gendarmerie de Ste-Suzanne, sont reconnus coupable des faits qui leur sont reprochés. Yann C. est condamné à la peine 2 ans de prison dont 1 an assorti du sursis probatoire. Son frère Jean C. est condamné à la peine de 18 mois de prison dont 12 assortis d'un sursis. Ils sont tous les deux maintenus en détention.


