Adjoint au maire du Port, Armand Mouniata condamné à cinq ans d’inéligibilité pour une escroquerie aux chèques frauduleux

Elu au Port, Armand Mouniata a été condamné en tant que gérant de la société Ecobioval pour faux et escroquerie dans une sombre histoire de chèques frauduleux pour un montant de plus de 600 000 euros. Se disant victime d’escrocs, l’entrepreneur a fait appel.
11e adjoint à la mairie du Port, ancien candidat aux cantonales et gérant de plusieurs sociétés, Armand Mouniata voit son mandat électif menacé après sa condamnation, mardi 18 août, à la peine de deux ans de prison avec sursis pour des faits d’escroquerie et de faux et usage de faux. Une sanction assortie par le tribunal correctionnel d’une peine d’inéligibilité de cinq ans.
Trois chèques de provenance douteuse
L’élu était jugé en tant que dirigeant de la société Ecobioval, spécialisée dans le traitement de biodéchets et fermée l'année dernière.En octobre 2019, l'entreprise avait encaissé trois chèques de provenance douteuse, pour un montant de 635 000 euros. Deux d’entre eux s’avéreront volés et le troisième falsifié. Entre-temps, des sommes importantes avaient fait l’objet de virements vers les comptes d’autres sociétés ainsi que vers celui d’un proche du gérant.
Sur un signalement du Crédit agricole, une enquête est finalement ouverte en 2025 et confiée au groupe financier du STPJ de La Réunion. Les investigations vont confirmer l’existence de mouvements d’argent suspects, ainsi que l’émission de fausses factures.
Victime d'escrocs internationaux ?
Renvoyé devant le tribunal correctionnel pour escroquerie, faux, usage de faux et blanchiment, Armand Mouniata affirme, comme il l’a fait durant l’enquête, avoir été victime d’escrocs. Disant avoir été approché pour des achats de matériels pour sa société, il aurait accepté d’encaisser les chèques reçus, avant de les reventiler vers des sociétés à Dubaï et en République démocratique du Congo. L’enquête ne l’a d’ailleurs pas mis en cause sur la question de l’origine frauduleuse des chèques.
Mais alors que sa défense a plaidé la relaxe, ou à défaut, un supplément d’information afin d’explorer cette piste des escrocs internationaux, le tribunal a estimé les charges suffisantes pour condamner l’élu portois pour les faits d’escroquerie et faux et usage de faux. Relaxé pour les faits de blanchiment, il devra en revanche indemniser le Crédit agricole pour un préjudice ramené à 617 000 euros.
Selon nos informations, le gérant de la société Ecobioval a décidé d’interjeter appel du jugement. La peine d’inéligibilité n’étant pas assortie de l’exécution provisoire, il peut continuer d’exercer ses mandats électifs dans l’attente d’une décision définitive.


