Accidents de la route, les autorités sévissent

Sur les routes du Département, 14 usagers sont décédés depuis le début de l'année (au 30 avril 2011) suite à un accident de la circulation. Un chiffre en baisse certes, mais surtout "l'arbre qui cache la forêt", souligne le préfet qui a alors énuméré une série de mauvais chiffres… L'assemblée est alors bien obligée de constater que les comportements accidentogènes demeurent encore importants : De janvier à avril 2011, en comparaison à la même période l'an dernier, les accidents corporels augmentent de 9,4% et le nombre de blessés de 4,9% dont une hausse de 10% de blessés hospitalisés.
Hors de question de tenir un discours fataliste, le procureur général l'a d'ailleurs souligné : "Il y a 20 ans, on disait que le nombre de morts sur les routes est une fatalité sous prétexte de notre culture de l'automobile. On est passé de 17.000 morts par an à cette période à environ 3.000 aujourd'hui. A la Réunion aussi, on aime la voiture mais il n'y a pas de fatalité".
Des "Routes Bleues" en veux-tu, en voilà
A l'unisson de la métropole, les autorités de la Réunion ont donc décidé de sévir. D'abord par une réponse immédiate : "Je vous annonce qu'une opération "Routes Bleues" est prévue pour ce week-end. Une autre suivra avant le 14 juillet, mais celle-ci ne sera pas annoncée", a indiqué Michel Lalande. A cette occasion, le préfet souhaite expérimenter la mise en œuvre de l'une des mesures phares de la loi LOPSII 2 : l'immobilisation du véhicule pendant 7 jours.
A court terme, les panneaux qui annoncent l'existence d'un radar fixe seront retirés comme cela a été annoncé hier par un comité interministériel. Enfin, d'ici le 14 juillet, un conseil régional de la sécurité routière verra le jour.
La confiscation du véhicule pend au nez des plus récalcitrants
Le préfet s'est entiché d'une image forte pour parler des dangers liés à la route : "Nos champs de bataille sont les routes, mais ils sont très silencieux. Drôle de guerre…" Et dans l'arsenal législatif fraîchement débarqué, le procureur général a évoqué la possibilité de prononcer la confiscation du véhicule, d'ailleurs réalisée dès ce matin lors de la comparution immédiate d'une personne en récidive… Cette confiscation, entendons par là vente du véhicule au profit de l'État, peut concerner la conduite en état d'ivresse, l'homicide involontaire ou volontaire, le trafic de permis à points ainsi que l'excès de vitesse.
Les deux-roues ne sont pas en reste… Dans la réforme sur la sécurité routière, il est prévu l'agrandissement des plaques minéralogiques des deux-roues, "le 213 km/h que nous avons flashé sur la route des Tamarins, c'était une moto. Or, avec des petits plaques, le numéro est parfois difficile à décrypter", a rappelé Serge Bideau, le sous-préfet chargé de la sécurité des routes à la Réunion. La sanction devrait d'ailleurs s'alourdir dès lors que le deux-roues est à plus de 50km/h au-dessus de la vitesse autorisée.
Enfin, les autorités locales mènent actuellement une réflexion pour sensibiliser davantage, mais aussi réprimer, l'absence de port de casque, "une pratique trop courante dans notre département"...



