Accélérer le développement de la filière bois : une nouvelle tête d’abattage flambant neuve

C’est un monstre mécanique assez impressionnant à voir en action. Capable, en quelques secondes seulement, de sectionner un arbre, là où une méthode plus classique prend beaucoup plus de temps. C’est la dernière acquisition de l’Office National des Forêts de la Réunion, une PONSSE H5, qui coûte la coquette somme de 76.200 euros, TVA incluse.
Et elle en a sous le moteur : elle procède aux différentes étapes de la coupe (ébrancher, découper les troncs à la longueur souhaitée et mesurer les volumes). Cette nouvelle tête d’abattage, montée sur une pelle à chenille, accélère considérablement l’abattage.
Mais ce n’est pas pour la frime que l’ONF se dote de ce nouvel outil. Financée par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de la Réunion, c’est à travers un appel d’offres que la société T2B a pu faire l’acquisition de cette nouvelle tête d’abattage.
Accélérer et renforcer la filière bois

L’acquisition de cette nouvelle machine s’inscrit dans le cadre du projet Giroflée, dans le programme France 2030. Cette initiative doit permettre une structuration et une dynamisation de la filière bois à La Réunion.
Aujourd’hui, la majeure partie du bois utilisé pour l’énergie et qui alimente les usines de biomasse à La Réunion provient du Canada sous forme de copeaux de bois. Considérant la topologie de notre île, la présence de nombreux arbres endémiques et le faible volume de bois exploitable, il est peu probable de voir une autosuffisance à ce niveau-là.
On estime aujourd’hui la production de bois local énergétique autour de 10 %. Actuellement, on recense quatre entreprises sur l’île.
Piloté par le Département de La Réunion, la DAAF a mis la main au portefeuille en injectant près de 117.000 euros dans ce projet , tandis que la gestion est confiée à l’ONF. « C’est un projet collaboratif », commence Camille Clain, 12ᵉ vice-présidente et membre de la commission de Développement des territoires et de la Transition écologique solidaire. « On crée une interprofession pour faire monter en compétence les professionnels de la filière. Cela permet aussi de lutter contre les espèces invasives. »
« On sait que la forêt concentre des enjeux majeurs, notamment en termes de transition environnementale. C’est un puits à carbone majeur, une réserve de biodiversité, de matériaux durables, et puis c’est aussi une réserve d’énergie renouvelable », liste Boris Callan, directeur adjoint de la DAAF. C’est en ce sens que le projet Giroflée est né.
Mieux exploiter la forêt
La tête d’abattage est la première de ce type à vrombir dans les forêts réunionnaises. « L’ensemble du bois exploité à La Réunion est destiné uniquement au marché local », martèle Guillaume Dubuisson, chargé de mission service bois à l’ONF. « Par ces coupes d’éclaircie, on va pouvoir faire mieux. À terme, on va optimiser la capacité d’exploitation de la forêt pour le bois d’œuvre. Cela va vraiment servir l’ensemble du cycle, avec la partie énergétique, les copeaux, et servir au bois d’œuvre. »
Aujourd’hui, c’est l’entreprise T2B qui a obtenu le marché pour cette nouvelle tête d’abattage. « J’ai investi dans la pelle à chenilles, toute option et prête à câbler pour la tête d’abattage. J’avais senti le truc », se félicite Ludovic Robert, le gérant de l’entreprise. Depuis plusieurs années, il s’est préparé à l’arrivée de cette machine. Lui et deux de ses employés sont formés à son utilisation. « En termes de biomasse, on travaille exclusivement avec Albioma », précise l’homme, qui s’occupe de couper, transformer et livrer le bois.
À La Réunion, le bois de cryptoméria est importé. Il est planté exclusivement pour l’exploitation.


