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Abandonné par sa hiérarchie, piégé par une AVS, il a giflé 2 élèves !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 3 avril 2015 à 10H39

Cette lamentable affaire s’est passée à Saint-Joseph en 2012 et n’aurait jamais dû être traitée si tardivement, ni atteindre une telle ampleur. Les incohérences de l’Education nationale, si lamentablement mises en lumière en métropole ces jours-ci, ont trouvé là un autre terrain d’épanouissement.

Gontran (prénom d’emprunt) est enseignant en secteur très difficile : il a en charge des enfants en difficulté, en retard, en crise, en rupture de tout. Ce genre de classe ne fonctionne bien (si on peut dire) qu’avec des effectifs très réduits, 4/5 au maximum. Lui en a plus d’une dizaine et c’est le souk. Qui plus est, il est affublé d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire) qui le déteste manifestement.

Plusieurs fois, Gontran s’en ouvre à sa hiérarchie qui, apparemment, a autre chose à faire qu’aider un de ses enseignants à s’en sortir. Et Gontran, malgré ses efforts, ne s’en sort pas.
Un jour de 2012, l’agitation atteint son intensité maximale. Pour tenter de calmer ses élèves, il choisit de les emmener en salle de sport. Remède pire que le mal, le chahut atteint un grave pic d’intensité.

"Je sais, j’ai eu tort, on n’a pas le droit"

Cris, bousculades, un lampadaire qui tombe et éclate au milieu des élèves, hystérie collective ; début de bagarre au cours de laquelle Gontran gifle deux de ses ouailles plus excitées que les autres.

"Je sais, j’ai eu tort, on n’a pas le droit", admet-il à la barre. Mais il l’a fait.

C’est là qu’on ne comprend plus rien… ou plutôt, que l’on ne comprend que trop bien.
Les jeunes malheureux psychopathes portent plainte auprès du directeur. Et là, les gifles se transforment en "bousculade des enfants par l’enseignant… coups de pied aux fesses… coups de pied dans le nez d’un autre (!)… il a cogné la tête d’un élève dans le mur (bigre !)… il a donné des coups de poing à un camarade… il l’a cogné dans le dos". Autant charger la mule. Bruce Lee contre les Tortues Ninjas.

Pas de triage dans le café de l’Education nationale, le professeur est blâmé aussi sec, subit une procédure disciplinaire et est écarté de sa classe. Ce qu’il réclamait d’ailleurs depuis longtemps.

Pour faire bon poids, on apprend que l’enseignant "aurait eu aussi une attitude sexuelle déplaisante et tenu des propos déplacés avec ses élèves", ce qui n’a jamais été prouvé.

Une chose frappe : les déclarations des jeunes vont toutes dans le même sens : c’est un bourreau d’enfants. Ces récits sont très ressemblants. Mais impossible de les accuser d’avoir ourdi un complot contre leur maître ; leur niveau intellectuel (certains, âgés de 10 ans, ont un niveau mental de môme de 4 ans) ne leur permet pas de se concerter intelligemment.

Où l’on apprend alors au fur et à mesure de l’avancée des débats, qu’une AVS aurait joué un rôle plus que trouble dans l’affaire. La remplaçante de Gontran dira d’ailleurs : "e ne sais quelle était l’attitude de l’AVS envers mon prédécesseur, mais avec moi, elle passe plus de temps à pianoter sur son téléphone portable qu’à s’occuper des élèves ! " CQFD !

Gontran est handicapé grave, souffrant d’acouphènes violents, ce qui n’améliore pas son appréciation des choses et l’avait normalement poussé à réclamer une classe moins nombreuse et, si possible, un changement de section. Mais on l’a vu, sa hiérarchie l’a laissé seul avec ses emmerdes, disons les choses comme elles sont. Jusqu’au jour où il fallait bien que ça pète.

Une instruction trop tardive ?

Me Béatrice Fontaine, avec force et conviction, s’est attachée à démontrer que l’instruction (trop tardive) de l’affaire avait été menée à charge. Avec des questions aux "victimes" qui ressemblent à s’y méprendre à des réponses toutes faites. Bref, qu’on a voulu casser de l’enseignant. Puis l’avocate a chargé flamberge au poing une Education nationale qui a délibérément ignoré la gravité de la chose des années durant, laissant la situation se pourrir jusqu’à plus soif.

Gontran prépare sa reconversion dans le domaine administratif. "Je n’ai pas ma place dans une classe", avoue-t-il.

Pour lui donner toutes ses chances, la Cour l’a condamné à 4 mois avec sursis et non inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire, histoire de ne pas lui interdire les portes de l’administration.

Pitoyable !

Question subsidiaire : comment un enseignement à la hauteur est-il possible sans discipline ?

 

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