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A la veille du lancement de la TNT Situation alarmante à RFO Réunion…

Ecrit par zinfos974 – le mardi 12 octobre 2010 à 10H19

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Rétention d’information

"RFO va changer, RFO va changer la télé !" C’est le slogan choc qu’à choisi France télévisions pour démarrer sa campagne pour annoncer l’arrivée de la TNT en Outremer le 30 novembre prochain. Mais pour les salariés de RFO Réunion, c’est le chaos absolu. Aucune info ne filtre sur la future grille type à un peu plus d’un mois du lancement. Les fiches d'impacts n’existent pas, le niveau de la production locale n’est pas indiqué, les coûts de grille, les budgets d’investissement sont méconnus tout comme les évolutions de l'activité des uns et des autres et les modes de fonctionnement.

Rien absolument rien n’a été fait à ce jour pour que les salariés sachent ce qui va se passer sur les télé pays à partir du 30 novembre prochain. Aucune information  n’a été communiquée sur les outils et systèmes qui devraient être mis en place, aucun accompagnement ni formations n’ont été prévus en amont avant le lancement de la TNT.

Aucun atelier de travail ou d’échange n’a été mis en place pour réfléchir sur la grille TNT. Les réalisateurs, monteurs, OPV, rédacteurs et JRI n’ont même pas été associés dans une démarche participative pour que chacun puisse donner son point de vue sur le contenu des émissions et la création de nouveaux projets fabriqués en interne.
Rien… sinon que l’on va changer de nom, d'habillage et que ça commence le 30 novembre…

Coupable impréparation

Pourtant une Télé Pays de plein exercice avec les ambitions éditoriales affichées dans la presse par cette Direction avide de communication qui la valorise, suppose de revoir de fond en comble toute la stratégie de nos télé pays : de l’organisation du travail à la politique de l’emploi en passant par les financements et les modes d’approvisionnement, si on ne veut pas se limiter à être de simples diffuseurs de programmes achetés à l’extérieur ou ressortis des archives de France 3  ou France 2.

Or la situation est alarmante à RFO Réunion , la spectaculaire chute de l’audience tant en télévision qu’en radio face à une concurrence privée de plus en plus agressive aurait du être une alerte pour une  direction responsable.
La précédente direction avait commandé un rapport au Cabinet IMCA remis à la direction générale en juin 2010 et depuis, elle refuse de le communiquer aux élus. Dès lors le dialogue social est rompu, les instances ne fonctionnent plus, le comité d’établissement du mois de septembre a été suspendu.

L’indifférence du PDG

Mais à Paris rien ne bouge. Le PDG ne semble avoir qu’une seule préoccupation clairement affichée "vendre" de nouvelles marques régionales et un nouvel habillage pour nos télévisions. Le reste semble lui passer au dessus de la tête. Sinon comment expliquer un tel désintérêt face à un désastre aussi lisible dans une station réputée "phare" pour tout RFO durant des décennies ?

Le décalage  entre une station d’Outremer et le fonctionnement normal d’une station de FTV dans l’Hexagone est devenu lui aussi intolérable : quota des 84 piges imposé aux occasionnels, non application des  CDD de renfort pour les rédactions,  non respect des conventions collectives sur certains métiers, difficulté pour des journalistes réunionnais d’accéder à des postes d’encadrement…

Boulevard pour le privé

Pour le CSA CGT, les choses sont claires. Si France télévisions n’est pas capable d’assurer cette nouvelle mission de service public, ce sont les opérateurs privés qui le feront à sa place. Ces mêmes opérateurs qui disposeront d’un canal réservé sur chacun des multiplexes du service public.

Le PDG de France télévisions ne peut pas continuer à tenir des discours lénifiants sur l’intérêt qu’il porterait à "la diversité" au respect des cultures différentes etc. et laisser ainsi pourrir des situations qui de surcroît créent de graves risques psychosociaux dans notre station. On ne peut pas limiter l’intérêt à nos stations à de simples campagnes de communication pour vendre des coquilles vides enveloppées d’un habillage "in".

St Denis, le 11 octobre 2010

 

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