À La Réunion, le SNALC alerte sur la dégradation du climat scolaire

En déplacement à La Réunion pendant cinq jours, le président national du SNALC, Jean-Rémi Girard, a participé au 40ᵉ congrès académique du syndicat. Aux côtés des représentants locaux, il alerte sur une dégradation des conditions de travail et appelle à des réponses concrètes adaptées au territoire.
Plus de 500 personnels de l’Éducation nationale étaient réunis à La Réunion à l’occasion du 40ᵉ congrès académique du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). Un temps d’échange important, marqué par la présence de Jean-Rémi Girard, président national du syndicat, en visite sur l’île pendant cinq jours.
Violence et école inclusive dans le viseur
Objectif affiché : faire remonter les réalités du terrain. « Écouter ce qu’il se passe et entendre les personnels sur les problèmes du territoire », résume Jean-Rémi Girard. Reçue la veille par le rectorat, la délégation a notamment insisté sur la question des violences en milieu scolaire. « Aucun territoire n’est épargné. Beaucoup ont encore le sentiment de ne pas être soutenus par leur hiérarchie », souligne-t-il, évoquant un sentiment d’isolement croissant chez les personnels et des risques psychosociaux préoccupants.
Autre point de tension : l’école inclusive. Si le principe est partagé, sa mise en œuvre suscite de fortes inquiétudes. « C’est devenu beaucoup plus compliqué à gérer pour les enseignants », explique le président national du SNALC, pointant une multiplication des demandes d’accompagnement sans moyens supplémentaires, notamment dans le premier degré.
Dans un contexte social déjà fragile à La Réunion, ces difficultés prennent une ampleur particulière. Le syndicat appelle à la prudence face à d’éventuelles réductions de moyens. « Une baisse de moyens peut avoir de graves conséquences », alerte Jean-Rémi Girard, plaidant pour un maintien des effectifs afin de limiter la surcharge des classes et préserver la qualité du service public.
Quatre classes relais supprimées
Sur le terrain, ce constat est partagé par les représentants locaux. Vice-président du SNALC Réunion, Jérôme Motet dénonce un écart entre les discours institutionnels et leur traduction concrète dans les établissements. « Le “pas de vague”, c’est terminé », affirme-t-il, évoquant notamment le cas d’une assistante d’éducation agressée sans conseil de discipline à la clé. « Le personnel éducatif sert encore trop souvent de punching-ball », déplore-t-il.
Le syndicat s’inquiète également d’une pression accrue de certaines familles sur les équipes pédagogiques. « Nous ne voulons pas de parents qui remettent en cause la pédagogie d’un professeur », insiste Jérôme Motet, tout en rappelant l’importance du lien entre l’école et les parents.
Enfin, le SNALC alerte sur la suppression annoncée de quatre classes relais dans l’académie. Ces dispositifs, destinés à accompagner les élèves en décrochage ou en grande difficulté, constituaient pourtant un outil de prévention important. Leur disparition apparaît en décalage avec les besoins du terrain, alors même que les problématiques d’exclusion scolaire restent fortes.


