Reforme des rythmes scolaires: Le conseil d’Etat rejette le projet de décret sur le taux d’encadrement périscolaire, uncamouflet pour Peillon !

La CGTR EDUC’ACTION a toujours dénoncé le caractère brouillon et bâclé de la réforme des rythmes scolaires
Le rejet par le conseil d’état du projet de décret sur le taux d’encadrement périscolaire valide notre analyse et met en relief la précipitation avec laquelle cette reforme a été conduite
Est-il besoin de rappeler que la concertation sur la circulaire du 20 mars 2013 relative au projet éducatif territorial s’est limitée à un simple envoi par mail du projet avec absence de véritables délais de réflexion pour les organisations syndicales . Une « concertation » à la hussarde bien éloignée dans tous les cas des engagements pris en matière de rénovation du dialogue social
La décision de la haute juridiction administrative est riche en enseignements. Le conseil d’état a ainsi développé trois moyens juridiques pour asseoir son rejet
1/ Mise en danger des mineurs
« On ne peut expérimenter une réforme en réduisant une règle qui induirait une baisse de la sécurité des mineurs" a souligné le conseil d’etat et ce en référence avec la circulaire du 20 mars 2013 relative au projet éducatif territorial qui prévoyait un assouplissement des conditions d’encadrement des accueils de loisirs périscolaires :
« un animateur pour 14 mineurs au plus (au lieu de 10 prévus par l’actuelle réglementation) pour les enfants de moins de six ans ; un animateur pour 18 mineurs au plus (au lieu de 14 prévus par l’actuelle réglementation) pour les enfants de six ans et plus."
2/ Absence de base légale
Une dérogation aux taux d'encadrement ne peut être fondée sur un PEDT prévu dans le cadre d’une loi qui n’a pas encore été votée par le parlement et qui fait pourtant déjà l’objet d’une circulaire avant même sa publication
3/Rupture d'égalité des usagers devant la réglementation
Une différence dans les taux d'encadrement, d'un accueil périscolaire à l'autre. consacrerait selon le conseil d’état une rupture d’égalité des usagers devant la réglementation.
Suite à ce qu’il convient d’appeler un véritable camouflet juridique, le cabinet du ministre Peillon est contraint de revoir sa copie
Si le gouvernement entend ramener à « trois ans et non plus cinq ( comme prévu dans le projet de décret initial) » la durée de la baisse transitoire des taux d'encadrement , il s’apprête cependant , pour des raisons financières, à maintenir les taux d’encadrement comme dans la version précédente, c'est-à-dire un animateur pour 14 enfants de moins de 6 ans et un animateur pour 18 enfants de 6 ans ou plus.
Pas sur que le conseil d’état, qui a mis en avant la mise en danger des mineurs pour rejeter le projet de décret apprécie cette tentative désespérée de passage en force en validant ce qu’il a rejeté hier
L’abaissement des taux d’encadrement pour les activités périscolaires fait courir des risques inacceptables pour nos enfants. Il serait insupportable que des considérations financière aient pour résultats de brader la sécurité de nos enfants
A Saint Denis, le mardi 11 juin 2013
LA CGTR EDUC’ACTION


