Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Éclairer la stratégie de CBo

Ecrit par zinfos974 – le mardi 11 juin 2013 à 09H31

À trop vouloir communiquer sur la santé de leur société – hier, les actions étaient d'un excellent rapport ; aujourd'hui, il faut attendre 2 015 pour effacer une baisse significative en bourse de ces mêmes actions –, les dirigeants de CBo Territoria finissent tout simplement par accréditer dans l'opinion que la stratégie d'une mise en valeur au plus vite de leur potentiel foncier glisse vers l'échec. Et qu'il importe de le camoufler par une « sur-com ». Construire à tout va dans une situation où les locations ne suivent pas, et surtout dans un contexte d'une crise qui s'enracine et qui fait que les largesses de l'État dans les dispositifs de défiscalisation ne sont plus de mise, n'est pas une bonne stratégie. Même si des responsables de collectivités locales, de gauche comme de droite, hier comme aujourd'hui, épousent les projets de cette société en procédant à des déclassements de terrains dans le PLU, et sans débattre de l'intérêt global de ces opérations pour l'avenir.

Les arguments développés sont pourtant bons : l'indispensable relance dans le BTP pour lutter contre un chômage inquiétant ; la construction de logements sociaux et de logements intermédiaires pour faire face à une demande pressante. Mais ce n'est qu'un aspect de la question, car, quand bien même que l'Etat aurait des moyens suffisants pour arroser le secteur immobilier, l'argent public disponible à la Réunion doit servir principalement les intérêts des Réunionnais, à moyen et long terme, pour un aménagement équilibré des différentes microrégions de l'île.
Pour cela, tout partenariat avec CBo doit se négocier de façon que toutes les parties soient gagnantes, en toute transparence : le bailleur, puisqu'il transforme une terre ; le locataire, puisqu'il aspire à devenir propriétaire, et la puissance publique qui doit veiller à la préservation du potentiel agricole de l'île. Chez CBo, quelle est la part des locataires déjà lancés dans un processus d'accession à la propriété ? Quelle est la surface des terrains cédés en compensation aux collectivités dans le montage d'un projet ? Interrogé sur « Antenne Réunion » dans « L'invité du Dimanche » sur « un usage » non respecté à Sainte-Marie qui voudrait qu'un tiers de la surface mobilisée soit cédé à la commune, Jean-Louis Lagourgue a biaisé, en mettant l'accent sur des terrains cédés où seront construits des édifices publics. Or, il s'agit là de la méthode de CBo : ces constructions choisies sont justement des têtes de pont pour préparer des opérations de déclassement – et bénéficier des travaux de viabilisation ! – qui s'élargiront encore plus tard en s'appuyant sur un principe de continuité pour justifier de futures révisions du PLU (voir la zac Roquefeuille à Saint-Paul).

Un usage ? Mais, non ! Ce doit être un principe, mais à 50-50, à mettre sur la table des négociations, et qui ne devrait en aucun cas, par exemple, concerner des zones où des documents de prévisions mettent l'accent sur un arrêt de l'urbanisation, comme dans la zone au-dessus de la Saline-les-Bains. CBo n'est en aucune façon incontournable dans l'aménagement du territoire, car il reste toujours aux élus l'expropriation pour utilité publique, un processus judiciaire qui n'a pas été fait seulement pour obliger les petits propriétaires à céder leurs terrains dans les « dents creuses » en zone urbanisée.

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :