Assises : Fred Lorion visait-il la porte ou les employés du Trésor Public?

Fred Lorion est jugé aujourd'hui et demain par la cour d'assises. Ce mercredi, son portrait a été brossé. Il vit une enfance plutôt malheureuse et développe un manque affectif. L'homme souffre également d'un problème de dépigmentation de la peau.
Au fil des années, il s'endette. Bénéficiaire du RSA, il gagne 400 euros par mois et en reverse 100 au Trésor Public. Il réussit ainsi à baisser sa créance de 11.000 euros en 2007 à un peu plus de 6.000 au moment des faits, en 2011. L'homme est connu des services concernés, il sollicite tout le monde dans ses démarches, de l'administration fiscale aux ministres, en passant par quelques élus locaux… Il ne cesse d'écrire des courriers évoquant sa situation.
Fred Lorion est décrit par son cousin comme "une victime de la vie". Le jour des faits, l'accusé reçoit un commandement de payer de 997 euros. Il se rend au centre des impôts, armé d'un révolver. Il frappe au bureau de Marie Céline Hoareau, adjointe à la trésorerie, et demande qu'on efface sa dette. L'inspectrice lui explique que ce n'est pas possible et l'invite à rédiger un recours écrit.
Il ne l'entend pas ainsi, selon le récit rappelé devant la cour, et fait tomber l'ordinateur de bureau. Mme Hoareau quitte son bureau et enferme Fred Lorion. Alertés par le bruit, deux collègues entrent par la porte arrière et se retrouvent nez à nez avec l'homme. Pensant que les gendarmes avaient été appelés, il sort son arme.
Mme Hoareau rouvre la porte et le laisse sortir. Dans le hall, il lui fait signe de rentrer dans son bureau en brandissant son arme. Elle s'exécute. Et alors qu'elle referme son bureau, les coups partent. Elle et l'un de ses collègues, M. Angama, sont blessés. Fred Lorion est interpellé à son domicile plus tard alors qu'il menace de se suicider.
Le bâtonnier Georges André Hoareau, avocat de la défense, note des contradictions dans le témoignage écrit des trois témoins et dénonce une procédure à charge. Il ressort de cette première journée d'audience plutôt satisfait, son client ayant été perçu autrement que comme un monstre selon lui. Reste désormais à démontrer que son client n'a pas eu l'intention de tuer. Selon son avocat, il visait la porte et pas les fonctionnaires…


