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Désastre écologique majeur : On nous programme l’enfer

Ecrit par zinfos974 – le mardi 14 mai 2013 à 11H35

Un pêcheur à la ligne se chope une amende de 1500 euros. Un braconnier de tangues va en taule ou presque. Nos jeunes pêcheurs sous-marins de Saint-Leu ou Terre-Rouge ont disparu sous le fumeux prétexte qu’ils menaçaient le biotope, ce qui fait rigoler toute la jungle. Les tisaneurs n’ont plus le droit de prélever quelques morceaux d’écorce parce que, soi-disant, ils mettent en péril nos forêts primaires, etc., etc.
Ce serait comique si ce n’était tragique. Car pendant ce temps, nos élus et hauts responsables administratifs s’assoient royalement sur les réalités, le fait du prince n’ayant pas vraiment été aboli avec la Révolution : faites ce que je dis…

Il n’y a guère, l’ONF a réussi un coup fumant. Voulant dératiser les forêts, elle a réussi tout au plus à massacrer quelques centaines de tangues. Mettons cela sur le compte de l’imprévision car la réelle volonté, à l’ONF, de sauver les forêts réunionnaises ne peut être mise en doute. C’est quand même grâce à M. Miguet que nos tamarinaies des hauts, en voie de disparition voici quarante ans, ont été sauvées et ont vu leur surface multipliée.

La volonté de la Région de construire une route digue s’inscrit dans un tout autre registre.
Une route digue qui coûtera des milliards, sera emportée au premier gros cyclone et ne sert, apparemment, qu’à apporter un supplément de gloriole aux petits Napoléon qui s’en gargarisent.

Les leçons de l’Histoire ne servent à rien. Il y a déjà eu 5 ports à Saint-Denis, où sont-ils ? Balayés comme fétus par les houles cycloniques croisées démentielles. On va dépenser des milliards pour ce qui ne sera plus, après, que bois d’allumettes !
Pire ! Pour jeter les bases de cette dépense pharaonique, on va créer des désastres écologiques majeurs et ils le savent, les décideurs. Ils le savent.

Les déblais du socle de la route digue seront prélevés dans deux énormes excavations, à la Ravine Lataniers et à la Ravine Trois-Bassins. Des cratères de trente mètres de profondeur et de quelques centaines de mètres de large, dans des zones écologiquement fragiles.
Dans les falaises de la Ravine Trois-Bassins nichent des colonies de chiroptères endémiques. D’un seul coup, par la volonté du petit Napoléon de Moufia, leur protection devient inutile. Alors que les propriétaires du coin ont toujours vu opposer une fin de non-recevoir à leurs demandes d’urbanisation. Une écologie à géométrie variable, en fin de compte.
Rappelons que la végétation héricoïde de la savane sèche de l’Ouest n’est pas totalement inventoriée, il s’en faut de beaucoup. La disparition de nombreuses espèces animales et végétales originelles procède du même mépris de la réalité ! Nos décideurs s’en foutent.

Il y a mieux… si l’on peut dire. Ces excavations infernales se rempliront aux premières fortes pluies et comme aucune évacuation n’est prévue, ces lacs d’eaux mortes seront les lieux de reproduction de tous les miasmes possibles, anophèles (palu, dengue), aédès albopictus (le chikungunia), rats, scorpions, scolopendres, j’en passe et des plus saumâtres. Ce qui fait qu’en plus de la catastrophe écologique annoncée, il y en aura une autre, majeure, sanitaire celle-là.

Qui a le pouvoir de stopper cette galopade infernale ? Monsieur le préfet, il me semble que vous faites partie de ceux qui peuvent encore sonner le holà !
Mais peut-on encore avoir la naïveté de croire en votre bonne volonté ?

Jules Bénard

 

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