Il y a un an, la Réunion plébiscitait Hollande à 71%

Le 6 mai 2012, François Hollande était élu président de la République. La Réunion votait massivement pour le candidat socialiste. Avec 71,49% des suffrages, soit 286.000 électeurs, François Hollande devançait royalement son dauphin. Nicolas Sarkozy récoltait quant à lui 28,51% des suffrages.
Tous les Outre-mer réunis, 64% des votants avaient porté leur choix sur le candidat socialiste au second tour. Seule la Guadeloupe devancera la Réunion dans cette ferveur. Elle plébiscitera le vote Hollande à hauteur de 71,94%. Avec une telle attente, la première "récompense" fut de nommer des ultra-marins au gouvernement. Déjà bien ancrée dans le paysage politique hexagonale, Christiane Taubira obtenait le portefeuille de la Justice et Victorin Lurel succédait à sa compatriote de Guadeloupe au ministère des Outre-mer. Enfin, moins connue, George Pau-Langevin fut nommée à la "Réussite éducative". Pas un réunionnais au casting, du moins dans le premier cercle, ce qui fera tiquer mais pas bien longtemps. L'urgence était ailleurs. Elle passait par la reconnaissance des fameuses spécificités.
La loi contre la vie chère en était l'aboutissement immédiat. Comme une promesse que ce mal endémique soit pris au sérieux dès le début de mandature était résolument un signe fort. Le texte sera promulgué dès novembre 2012, soit seulement six mois après la prise de fonction. La garantie d'une baisse du prix de produits de grande consommation avec le bouclier qualité-prix entré en vigueur en mars de cette année allait un peu plus loin dans la démarche. Sur cette question de la cherté de la vie, le gouvernement est allé vite.
La fin d'année 2012 marquait les habituelles tractations autour de la préparation du budget de l'Etat. Alors que de nombreux ministres voyaient leur lettre de mission réclamer la plus grande rigueur qui soit, les crédits de la mission outre-mer avaient bénéficié d'une rallonge de 5%, là encore expliquée par les difficultés majeures rencontrées dans ces territoires.
Toujours fin 2012, le gouvernement socialiste avait reconduit pour une année les dispositifs de défiscalisation. Une année de sursis avec pour horizon la promesse d'une refonte du dispositif en 2014. Cette question revient sur le devant de la scène ces dernières semaines. Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, multiplie les réunions de concertation sur l’avenir des dispositifs de défiscalisation. Le 24 avril, la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale organisait un échange de vues sur la défiscalisation des investissements outre-mer. Encore plus récemment, du 1er au 4 mai, une délégation du Sénat était présente à la Réunion pour écouter les acteurs économiques. Là encore, la présidence Hollande est attendue. Difficile, devant cette impatience, de fêter l'accès au pouvoir.



