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Ecologie et ophiolâtrie

Ecrit par zinfos974 – le mardi 23 avril 2013 à 14H22

Hier Paradis

    Quand La Réunion était encore l’Eden de cette partie du monde et non pas la poubelle qu’elle est devenue à cause du consumérisme dont elle s’est fait un idéal à pérenniser, l’île ne connaissait aucune faune endogène nuisible, dangereuse et pullulante. Quand le navigateur anglais Chatterton la découvrit –(quiconque arrivait pour la première fois à la Réunion prétendait l’avoir découverte !)-, il baptisa l’île vierge England Forest et dans la relation de sa visite, il  fut surtout question d’un climat curatif, de tortues colossales, d’anguilles herculéennes, de poissons gigantesques, d’oiseaux aux multiples splendeurs, d’arbres dignes des Hespérides et de tant d’autres merveilles. A aucun moment l’Anglais n’a fait mentions de fauves, de serpents terrestres ou aquatiques, d’araignées, de sangliers, d’iguanes et autres bébêtes dangereuses ou repoussantes d’aspect. Ni de cochons ni de cabris sauvages. Pas d’écologistes ni de parc national non plus  en ces temps de bonheur paradisiaque.

    Trois siècles et demi plus tard, peu ou prou, tout ce monde « paulévir-ginien » avait disparu. Aucune terre n’étant une ile entièrement refermée sur elle-même, notre île entra en contact avec le monde extérieur. Avec les hommes et tous ceux qui les acompagnent ordinairement, animaux domestiques, nuisibles divers, rats, poux, puces punaises, morpions, maladies variées avec leurs supports pathogènes virus, microbes, bactéries et leurs vecteurs. Mais pas de singes ni de cerfs, ni de serpents ni de tarentules. Néanmoins La Réunion restait malgré ces hôtes indésirables mais inévitables, un pays où l’on pouvait poser ses fesses n’importe où pour piqueniquer et niquer sans encourir aucun risque autre que d’être mordu par une fourmi rouge. Pas même par un centpieds ni un scorpion. L’île n’était plus enchantée mais encore agréable. Il n’y avait toujours pas d’écologistes ni de parc national ni d’Obérone des Pitons encadrée de ses Orang-Outangs verts en ces temps rustres et frustes. Ici, pour éviter toute diatribe, nous insistons pour confirmer que le substantif « écolo-giste » n’est pas une marque déposée ni brevetée.

Aujourd’hui Zoo

    Depuis une quinzaine d’année, tout a changé. Surtout les goûts des indigènes. Nous ne ferons pas l’inventaire des changements dans tous les domaines. Contentons-nous de parler des « animaux familiers » aujourd’hui rebaptisés « pets » pour faire moderne. Hier nos compatriotes cajolaient un tichien, un timimite, trois ou quatre oiseaux, un cobaye ou, rarement et à la campagne, un ticabri ou un timouton préféré. De nos jours, ils ont tournés leur tendresse vers l’exotisme le plus perverti. Et les voilà qui collectionnent des serpents, des araignées, des tortues, des iguanes, des ragondins, des sangliers  et autres bestiaux allogènes des plus répugnants d’aspects ou des plus dangereux de nature. Nous avons vu dans une « ménagerie » vendre des rats, des serpents d’eau, des tortues aquatiques carnivores flasques et horribles d’aspect et bien d’autres créatures nuisibles, définitivement indésirables. En un mot, on vend tout ce qu’il faut pour transformer notre Eden d’hier en forêts, jungle et brousses tropicales infestées de toutes sortes de créatures répu-gnantes et dangereuses. Le problème devient très grave lorsque ces amateurs morbides de pets à l’odeur fétide n’en ayant plus un jour le cœur plein de leurs animaux favoris, les balancent dans la nature réunionnaise qui n’en veut pas. Nous non plus ! Et personne dans le monde des gens d’importance ne gueule ! Nous sommes intervenus auprès du Préfet Maccioni. Il nous avait promis de jeter un œil sur ce problème. Il est reparti avec son œil indemne et le problème et resté, entier. Son successeur ayant confondu les serpents égarés dans nos sous-bois et nos voiries avec les lutins et les elfes dansant sur la lande, s’en est allé danser ailleurs sans avoir voulu sortir sa tête de ce côté. Et ces écologistes qui n’hésitent pas à foutre le feu à la forêt pour protéger l’arbre, que font-ils ? Rien ! Motus et bouche cousue ! Sauf en matière politique. Pis, on fait une publicité tapageuse pour que le zozo ambiant achète ces saloperies alors qu’il ferait mieux d’adopter un matou pour courir après les rats de son immeuble! Pis et re-pis ! Nous lisons dans les gazettes qu’il va y avoir une exposition exotique de ces horribles et dangereuses bestioles avec parmi elles « 300 serpents » dont les espèces n’est pas précisées. Nous avons bien lu : Trois cents ! Des bébêtes  qui demain se retrouveront dans la nature et dans nos demeures à « siffler sur nos têtes » car leurs propriétaires, un peu hors cadre, n’auront pas la patience de les laisser vieillir en cage à côté de leurs fauteuils roulants quand leurs enfants les auront rejetés de leur héritage.

Cerfs Contre Serpents

    Maintenant faisons une comparaison: Par rapport à toutes ces dangereuses créatures qu’on importe légalement, après le zwazo Condé et autre mouche bleue,  quel danger représente pour la nature à La Réunion ce propriétaire de Moka dont on dit qu’il a détruit 21 hectares de forêts pour agrandir son élevage de cerfs ?-(Lesquels, n’étant pas des animaux écologiques, comme les tangues, vont être interdits de libre pâture mais levés en étable comme des vaches !)- D’abord, question forêt, il ne s’agit que de quelques ar-bres ordinaires perdus dans de la grosse broussaille d’une valeur insignifiante par rapport à l’élevage envisagé ou aux forêts à essences précieuses: ni ta-marin, ni bois de fer ni bois de couleurs ni natte. Or les mêmes gazettes ont trompété que ce propriétaire encourait un emprisonnement de deux ans (sic) et une amende de 190 Millions d’euros (re-sic), soit vingt fois la valeur de l’ensemble de ses terres au prix de la SAFER. Sait-on que la Rivière des Pluies qui longe les falaises de Moka, cause bien plus de dégâts à dame nature que Monsieur de Palmas de Moka pour ne pas le citer ?  Il est certain que lorsque la nature s’automutile, l’homme ne peut ni lui foutre une amende ni la foutre en taule pour qu’elle s’assagisse. Il est vrai que quand dame nature s’automutile, elle sait s’auto-réparer. Avec le temps. Ce temps qui fait toujours défaut à l’homme, sa créature. Mais quand nos princes se révèlent incapables de mettre fin à un incendie qui ne finit pas d’en finir, sont-ils pour autant condamnés et taxés alors que leur incurie et responsabilité sont démontrées  dans la pro-longation de la catastrophe ignée? Et quand le Dash à eau anti-incendie en suce des tonnes qui, à l’origine, ne sont pas prévues pour alimenter le bom-bardier en question et qui sont néanmoins détournées de leur destination pre-mière, les responsables de ce détournement aquifère sont-ils sanctionnés pour n’avoir pas prévu à Gillot un réservoir ad hoc que la Rivière des Pluies alimen-terait sans problème ? Et quand les tarentules ou les serpents des ophiolâtres qui demain vont infernaliser la Réunion, se retrouveront dans nos sous-bois, nos cours ou nos maisons, comme cela s’est déjà produit, quelle compensation l’écologie réunionnaise nous offrira-t-elle en réparation des dégâts, de la peur et des désagréments causés ? Et les propriétaires planqués de ces bestioles, sont-ils menacés de prison et d’amendes comme le Monsieur de Moka dont les actes soi-disant anti-écologiques ne nous causent aucun tort direct? Les Ma-gistrats enquêteront-ils et châtieront-ils de ce côté avec toute la vigueur de l’hermine qui tient sa victime ? C’est vrai qu’un serpent urbain que les pom-piers baptisent modestement couleuvre pour ne pas nous traumatiser, ça fait moins long que sept kilomètres de défrichés au fin fond des bois. Et une moins grosse manchette que l’on utilise volontiers comme une machette. Par contre un éleveur de cerfs très présent sur ses terres, ça fait des unes très en vue quand on le met en garde à vue. On protège la tortue Malgache interdite d’im-portation mais pas l’homme réunionnais qu’on laisse assaillir par des pestes importées ! Et que dire des bestioles nuisibles qui débarquent planquées dans les containers ? Pour clore, la confession blasphématoire d’un acte sacrilège: nous avons, lors des dernières pluies, réactivé quelques rigoles et dalots pour dévier l’eau de ruissellement qui menaçait notre karo kann. Sans l’autorisation de l’écologiste en chef du coin dont nous ignorons d’ailleurs les coordonnées. Pour ne pas risquer d’amendes ni de garde à vue, nous nous garderons de révéler l’adresse de nos cannes même sous menace de passage à tabac, activité pas très agricole ni écologique quoique un peu patrimoniale, celle-là!

                            Joseph J.A.VARONDIN

PS Le 11 Avril a été assassinée une vieille dame qui vivait depuis 1800 à Saint-Denis, rue de la caserne. Il s’agissait de la Maison Drozin, résidence coloniale traditionnelle construite par un architecte mauricien, propriété de cette famille depuis 1820. Située en quartier devenu populaire, les impératifs de l’habitat social ont eu raison d’elle. Elle aurait pu néanmoins être sauvée. Mais… Sans pleurs ni couronnes. Ni garde-chiourmes écologistes et patrimoniaux non plus.

 

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