Rapport d'audit de l'Amicale: J-P Virapoullé porte plainte pour faux

L'ancien maire de Saint-André et sénateur de la Réunion, Jean-Paul Virapoullé, révèle qu'après la prononciation d'une inéligibilité pour un an par le Conseil constitutionnel à l'encontre d'Eric Fruteau, l'actuel maire de Saint-André doit s'attendre à une seconde salve judiciaire. "J'ai déposé plainte en janvier pour faux et usage de faux et tentative d'escroquerie au jugement" dans le dossier de l'Amicale, annonce, sûr de son coup, Jean-Paul Virapoullé.
Sur la base des conclusions de l'audit commandé au cabinet d'expertise ACE, la mairie avait déposé une plainte en 2011 pour "détournement de fonds et gestion de fait" dans le cadre de l'Amicale du personnel communal entre 2004 et 2007. Une affaire qui a valu récemment à Jean-Paul Virapoullé d'être entendu par les enquêteurs de la brigade financière de Malartic. A l'issue de sa garde à vue, de laquelle il était ressorti libre, l'ancien maire et son conseil Me Jacques Hoarau avaient mis l'accent sur le fait que les charges retenues se résumaient à un détournement de fonds “par négligence et non pas de façon intentionnelle”. De quoi "espérer un non lieu", selon son avocat.
Les auteurs du faux rapport licenciés pour faute grave
"Monsieur Propre (allusion à Eric Fruteau, ndlr) n'est pas si propre que ça", ironise aujourd'hui Jean-Paul Virapoullé. "Il a fait usage de faux comptes de campagne, c'est ce que nous a dit le Conseil constitutionnel, mais il y a d'autres histoires qui vont sortir. On n'en est actuellement qu'à l'affaire numéro 1".
Et cette affaire numéro 2, Jean-Paul Virapoullé ne résiste pas à en livrer les grandes lignes. Le président directeur général du cabinet ACE est le seul habilité à signer les rapports émis par son groupe, c'est donc tout naturellement qu'il a été interrogé par les enquêteurs fin janvier. Lors de son audition, celui-ci affirmera ne pas reconnaître le rapport d'audit qui lui a été présenté. "Je ne reconnais pas ce rapport d'audit. Il s'agit d'un faux", dira-t-il. Depuis, en interne, les auteurs du rapport douteux "ont été licenciés pour faute grave".
L'affaire ne manque, à ce stade, pas de piquant. Mais Jean-Paul Virapoullé promet d'"exposer toutes les explications au moment voulu".


