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Les pêcheurs traditionnels ne veulent plus passer pour des "braconniers"

Ces derniers mois, une bonne partie des surfeurs n'a eu de cesse de réclamer des percées dans la réserve marine. Pour la première fois depuis la crise requin, ce sont les pêcheurs qui se sont faits entendre avec vigueur. A l'unanimité, ils en ont assez de la suspicion permanente qui pèse sur leur activité.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 13 août 2012 à 12H20

Las des amendes qu'ils peuvent récolter en pêchant à la golette pour la plupart, les pêcheurs précisent leurs intentions.

"Il faut ouvrir la réserve. Faire un sanctuaire à Saint-Paul, Saint-Leu et l'Etang-Salé et c'est tout. C'est ça la préservation, c'est pas fermer tout le lagon de la Réunion !" s'emporte Henri Dagard, pêcheur traditionnel qui a commencé tout jeune, à 10 ans. Il en a 41 aujourd'hui.

Avec sa grande expérience, il nous livre ses récits de pêche. "Il y a beaucoup de requins. Jamais de ma vie je n'ai vu autant de requins en trois ans, même dans 1m d'eau", explique celui qui a l'habitude de pratiquer vers Saint-Leu.

"Tout le monde a perdu aujourd'hui. Parce que nous même, on n'a plus rien à faire dans la réserve et c'est maintenant que zot i remarque que le requin la arriv dans la réserve et lé en train de manger les surfeurs. Tout le monde a perdu dans cette affaire" raconte-t-il.

Autre témoignage, celui de Patrick, 45 ans, qui se présente comme un "plongeur en masque tubas". Même s'il déclare braconner "un peu", pour celui-ci, il ne fait ni plus ni moins ce qu'il a toujours fait. C'est le terme de braconnage qu'il réfute. "Moin lé obligé braconner parce que si ou suiv la réserve ou na pu droit rien" rigole-t-il, demandant simplement la plus grande discrétion sur ses activités "à côté". Il tente malgré tout de minimiser son activité au noir en expliquant la difficulté de déterminer, quand il pêche, s'il est ou non sur une zone protégée, et à quel degré.

La réglementation les fait passer pour des braconniers selon eux

Mais ces derniers temps, c'est plus en plaisancier qu'il exerce sa passion. "Moin lé pas contre la réserve mais nou nou i aime la mer". Concernant les surfeurs, il essaye de comprendre leur lutte. "band na i aime le surf, zot i aime ça. C'est comme le football pour d'autres personnes. Regard' tout band marmailles i lève là, personne i sa pa empêche à zot aller à la mer. Mais lé dommage que i en arrive à là."

Un autre pêcheur tradi, enfin, se fait des cheveux blancs pour ce qu'il appelle son "gagne pain". Vital a l'habitude de jeter sa ligne vers l'Ermitage. Mercredi dernier, il était venu en spectateur devant les murs de la réserve marine à la Saline les Bains, lors de la manifestation.

Il n'en a pas moins son expérience à livrer. Pour lui, "les ti'pêcheurs ont été écartés à la création de la réserve". Mais ses reproches ne remontent pas à 2007, année du décret de création du groupement d'intérêt public, mais bien à la fin des années 90, c'est-à-dire aux prémices du Parc marin, ancienne formule associative de protection du lagon.

"Avant, té appel a nou pêcheurs traditionnels. Depuis la réserve, nou c'est des braconniers." La réglementation est passée par là, la sémantique a changé également.

*nom d'emprunt

 

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