Menace sur les abeilles péi : La filière apicole redoute l'arrivée du Varroa

La Réunion est certainement un des derniers sanctuaires des abeilles. Partout sur la planète, ou presque, les abeilles subissent des pertes considérables du fait d'un parasite particulièrement néfaste : Le Varroa Destructor. A l'image des moustiques chez les mammifères, cet acarien ponctionne les abeilles de leur hémolymphe, l'équivalent du sang chez l'homme, et se multiplie à une vitesse impressionnante au sein d'une ruche. Il occasionne un taux de mortalité variant entre 50 et 100 % des colonies. Pour l'heure, notre île est encore épargnée par ce fléau mais la filière apicole redoute son arrivée, d'autant que depuis 2010, le Varroa est présent à Madagascar.
Le syndrome d'effondrement des colonies touche quasiment tous les pays industrialisés
C'est dans ce contexte qu'a été lancée une étude d'analyse des risques de l'entrée de varroa et ses conséquences éventuelles sur les filières apicole et associés. Là où il est introduit, associé à la problématique de la pollution environnementale et aux pesticides, le varroa entraîne des taux de mortalité qui frôlent les 100%. "On parle alors du syndrome d'effondrement des colonies qui touche quasiment tous les pays industrialisés, dont la quasi totalité de ceux de l'hémisphère Sud. La Réunion et l'Australie sont encore épargnées et font figure d'exceptions", explique Olivier Esnault, le vétérinaire qui a conduit l'étude pour le compte de GDS réunion. L'objectif de cette démarche visait à identifier les risques et surtout à communiquer auprès des personnes concernées.
Un arrêté préfectoral de 2003 interdit l'introduction d'abeilles à la Réunion
On recense entre 21.000 et 25.000 ruches à la Réunion, un chiffre considérable... Si le varroa devait s'introduire dans notre département, les pertes financières seraient conséquentes pour les apiculteurs. Elles sont estimées à 1.400.000 euros. Mais les conséquences pourraient être bien plus catastrophiques sur les filières maraîchères et fruitières, en raison du rôle primordial que jouent les abeilles dans la pollinisation de nombreux fruits et légumes, comme le letchi notamment. L'impact sur l'écosystème est quant à lui inestimable car il concernerait un grand nombre d'espèces indigènes et endémiques qui sont fécondées par les abeilles.
Compte tenu des dangers, il convient de réduire au maximum le risque d'introduction du varroa dans notre île. Deux risques ont été principalement identifiés : l'import de matériel apicole d'occasion, qui serait contaminé, ou l'arrivée d'abeilles vivantes. Le risque est faible mais il suffira que d'une seule abeille infectée pour que les ruches de la Réunion soient directement concernées par ce parasite. Le plus grand danger serait que des apiculteurs décident d'acheter des abeilles en provenance d'un pays contaminé. Officiellement, un arrêté préfectoral datant de 2003 interdit l'introduction d'abeilles à la Réunion. Oui, mais il n'est pas vraiment appliqué puisque même les services des douanes semblent en ignorer l'existence. Un problème qu'il faudra rapidement solutionner selon le vétérinaire en charge de l'étude qui recommande aussi que chaque apiculteur déclare ses ruches auprès du GDS afin de pouvoir identifier, le cas échéant, les foyers suspects et mettre en place un plan de lutte rapide. La survie du miel péi en dépend...


