A quand 20% de produits bio dans les cantines scolaires ?

Vos enfants sont-ils initiés à l'alimentation biologique ? Si ce n'est pas le cas à la maison, l'école doit, elle aussi, montrer l'exemple. Il y a cinq ans, le Grenelle de l’Environnement prévoyait une mise en route en douceur des produits bio dans les cantines scolaires françaises. Cinq ans après cette résolution, force est de constater que ce minimum paraît déjà hors d'atteinte dans les assiettes des écoliers, du moins dans l'immédiat.
"On ne répond pas à la demande", explique sans détour Mireille Jolet, présidente du groupement des agriculteurs bio de la Réunion, le GAB. "Nous sommes une centaine dans le département mais pas tout le monde travaille pour les cantines", précise-t-elle. Seules deux écoles composent actuellement leurs assiettes avec des aliments bio. C'est peu, très peu. Ce qu'il manque aujourd'hui à la filière, explique Mireille Jolet, c'est une approche planifiée de la demande. "Si on arrive bien à se coordonner, on pourra répondre à cette demande" importante de la part des collectivités.
Le bio : c'est seulement 1% de la surface agricole occupée
A la question d'une préférence éventuelle des agriculteurs pour vendre leurs produits sur des marchés plutôt que vers les collectivités publiques, la présidente du GAB évoque la disparité des situations. "Il y a tellement de paramètres. Certains agriculteurs préfèrent travailler avec les cantines, d'autres préfèrent vendre en paniers. Cela dépend de l'espace agricole dont dispose le professionnel : est-ce qu'il réserve une partie de son exploitation à une cantine ou pas ?" Un vrai cas par cas qui ne permet pas de donner une tendance. L'achat de leurs produits par les collectivités a peu être l'avantage d'apporter la certitude d'une commande sur du long terme mais peu être moins avantageux que s'il était acheté par un particulier, car là aussi la demande est croissante.
"En tout cas, il y a de la place pour d'autres agriculteurs bio", avoue l'agricultrice qui a débuté "directement dans le bio en 2003, sans passer par le conventionnel".
A l'heure actuelle, des conventions ont été passées, mais de façon très marginale, avec des établissements volontaires. La présidente du GAB évoque l'exemple du lycée des Avirons ou encore d'une école primaire de Saint-Paul. La rentrée prochaine verra le bio grignoter substantiellement du terrain.
Un projet pilote est en ce moment-même en train d'être finalisé par le Conseil général. Normal, il concerne cinq collèges également volontaires. "Nous discutons des modalités de mise en oeuvre", annonce Mireille Jolet. En effet, devant le faible nombre d'agriculteurs biologiques et face à des menus de restauration scolaire qui doivent être réglés comme du papier à musique, une coordination est indispensable. Ce projet pilote devra solutionner les éventuelles ruptures en approvisionnement susceptibles d'intervenir. "Nous évaluerons les possibilités offertes par les agriculteurs de façon individualisée", explique le présidente.
De cet essai grandeur nature dès septembre pourrait émerger le véritable essor du bio dans l'île. Rappelons que si cette barre des 20% doit toujours être atteinte, en théorie en 2012, le défi ne s'arrêtera pas là. Le Grenelle de l’Environnement prévoit en effet que les cantines devront utiliser 50% de bio en 2015 et 100% en 2020 ! A la Réunion, seulement 1% de la surface agricole est occupée par des cultures bio selon les chiffres de la Chambre d'agriculture.


