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Risque requin : Les pêcheurs visés par un arrêté de la Préfecture

L'ensemble des acteurs œuvrant autour de la problématique requin s'est donné rendez-vous en préfecture pour faire un point d'étape sur le projet CHARC, après la première campagne de marquage arrêtée en avril dernier, et pour parler des moyens de prévention mis en place sur la côte Ouest de la Réunion et leur efficacité. Seul élément notable de cette réunion, la promulgation d'un décret par la Préfecture entourant le rejet en mer des déchets liés à l'activité de pêche. Quant aux résultats des études, il faudra encore patienter jusqu'au mois de septembre…
Ecrit par zinfos974 – le lundi 2 juillet 2012 à 15H01

Le risque requin a été une nouvelle fois mis sur le devant de la scène après l'observation d'hier aux Roches Noires (voir ici : [Alerte aux Roches-Noires : Un requin bouledogue à 5m du bord]url:http://www.zinfos974.com/Alerte-aux-Roches-Noires-Un-requin-bouledogue-a-5m-du-bord_a44010.html ). Une simple coïncidence, alors que les acteurs oeuvrant sur la problématique requin étaient en réunion toute cette matinée. Les études CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’Habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de la Réunion) et Biotope, menées de front par l'Etat et le Conseil régional, sont très attendues à la Réunion. Initiées après les différentes attaques de requins qui ont secoué toute la côte Ouest de l'île (deux décès et un blessé grave) durant l'année 2011, elles ont pour but de "développer une stratégie globale de compréhension puis de gestion du risque requin" dans notre île. D'un côté, l'étude CHARC porte sur l'environnement et le mode de vie des requins, tandis que l'étude Biotope porte sur les moyens de prévention qui existent à travers le monde et qui peuvent être adaptés à la Réunion.

"Le projet CHARC débouchera sur un modèle de prévision du risque et sur des outils de gestion du risque requins. Il concernera la côte Ouest de la Réunion. Il s’étalera sur une durée de 30 mois, en trois phases. Il fera l’objet de restitutions intermédiaires", explique la Préfecture. Si l'on sait que l'opération de marquage a permis d'identifier 20 spécimens de requins (bouledogue et tigres), pour le moment les résultats préliminaires de la phase 1 ne permettent pas de dire si les requins réunionnais sont "sédentarisés" ou non.

Après cette première phase d'étude, la phase 2 devait être enclenchée en décembre (voir article ici : [L'étude du comportement des requins entre dans sa deuxième phase]url:http://www.zinfos974.com/L-etude-du-comportement-des-requins-entre-dans-sa-deuxieme-phase_a35372.html ) mais cette dernière pris du retard et n'a réellement démarré qu'au mois de juin. Les études porteront sur une zone plus vaste allant de Saint-Paul au port de Saint-Pierre (contre une zone allant du Cap La Houssaye à l'Ermitage actuellement) avec pour but de marquer 20 autres requins. "On souhaite connaitre le déplacement des requins durant la période hivernale, période qui correspond aux attaques enregistrées en 2011", explique Antonin Blaison, en charge du programme CHARC.

 

Un arrêté sur les déchets des bateaux de pêche

Concernant le projet Biotope, il s'agit de mener une étude "bibliographique destinée à faire le point des connaissances sur les mesures de protection mises en œuvre ailleurs dans le monde et d’évaluer la faisabilité de les transposer à la Réunion", mais également de procéder à "une étude de terrain destinée à évaluer l’efficacité des méthodes qui pourraient être utilisées à titre expérimental sur l’île, en particulier le dispositif shark shields".

"Il s'agit de proposer des mesures adaptées pour répondre aux différents usages comme la plongée ou le surf", explique Jean-Sébastien Philippe, en charge du projet Biotope. "Il faut en savoir plus sur les risques requins à la Réunion et identifiés les différents dispositifs de protection face au risque requin comme les filets, drum-line, enclos de baignade ou encore poste de vigie", ajoute-t-il. Certains des dispositifs sont déjà appliqués dans différentes communes de l'Ouest de l'île comme Saint-Paul et Saint-Leu. Mais ces dernières attendent les dispositifs qui seront préconisés par le projet Biotope. Pour rappel, le projet est financé à 100% par la Région Réunion, et les orientations seront connues au mois de septembre.

La seule véritable nouveauté dévoilée aujourd'hui et la volonté par la Préfecture de se pencher sur la question des déchets. "J'ai décidé de prendre un arrêté avant le 14 juillet sur la problématique du rejet des déchets (ndlr : restes de poissons) par les bateaux de pêche dans les eaux réunionnaises", explique le préfet de la Réunion, Michel Lalande. Pointé du doigt, les rejets de poissons trop proches des côtes ont pour conséquence d'attirer les populations de requins. "Une distance réglementaire sera fixée, mais il n'existe pas de réglementation internationale pour les rejets en pleine mer des exploitations de navires de pêche", précise Thomas Campeaux, sous-préfet de Saint-Paul.

"On a progressé en un an", rappelle Michel Lalande, et cette réunion en préfecture de Saint-Denis a permis d'accoucher d'un arrêté concernant les rejets en mer des bateaux de pêche. Pour les résultats des études CHARC ou Biotope, il faudra être patient et attendre jusqu'au mois de septembre afin de "centraliser" l'ensemble des résultats obtenus.

 

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