Revenir à la rubrique : Société

Nouvelle manifestation contre le Parc national

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 21 juin 2012 à 15H16

"Le Parc national oui, mais avec les travailleurs et les Réunionnais". Cette phrase qui retentit au porte-voix résume bien l'état d'esprit des manifestants présents ce début d'après-midi devant les grilles du Conseil Général, à l'initiative du collectif pour le maintien des activités dans le cœur du Parc national.

S'ils sont venus c'est parce que le Parc national présentait cet après-midi dans l'hémicycle du Département son projet de charte. Un projet auquel les manifestants auraient aimé participer, car ces éleveurs, agriculteurs, planteurs, vendeurs revendiquent leur contribution sur des terres qu'eux, et leurs aînés, entretiennent depuis de nombreuses années, "avant même le Parc national", lance l'un d'entre eux.

Marie-Céline est fille d'agriculteur et n'a pas sa langue dans la poche : "Nous réclamons nos dettes, celles qui appartiennent à nos aînés ! Nou lé au bout de nos peines", s'exclame-t-elle. Comment concilier les traditions et les habitudes de ces travailleurs avec la volonté du Parc national, et donc de l'Etat, de mettre de l'ordre là où cela est nécessaire et d'appliquer des règles strictes permettant à la Réunion de rester au patrimoine de l'Unesco…

Axel Bègue est le dernier éleveur du cassé de la Rivière de l'Est. Agé de 59 ans, il vit et travaille sur cette terre, avec son père "Titi Bègue", depuis l'âge de 9. Aujourd'hui, le Parc national lui demande de partir, d'emmener avec lui ses 80 vaches et petits qui détruiraient la forêt.  "Même si mon coeur est à la Rivière de l'Est, je suis prêt à partir, explique Axel Bègue, mais pour aller où?", interroge-t-il. Il semble bien difficile aux autorités compétentes de proposer à Axel Bègue un nouveau terrain vague.

"Le Parc national agit en dictateur"

Un peu plus loin, deux hommes participent au mouvement de protestation. Bien que réservés, il ne leur faut pas grand chose pour exprimer leur colère : "Nous sommes des planteurs de géranium de Saint-Joseph. On travaille sur un terrain privé mais le Parc national nous fait quand même des misères. Ils veulent qu'on arrête cette culture, qu'on reboise, qu'on plante des fleurs jaunes…", explique Guy-Noël.

A leur côté, l'un des héritiers propriétaires du terrain en question : "Rendez-vous compte, ces jeunes travaillent, rien de plus. Des gens du Parc national ont débarqué un jour, leur ont demandé de cesser le travail. Quelques jours après, ils ont été convoqués à la gendarmerie. Ils ont été traités comme des criminels, on les a pris en photo, on a récupéré leurs empruntes, on les a gardés pendant un après-midi. (…) De quoi ils se mêlent? Un peu plus haut, il y a la forêt domaniale, ils ne sont pas foutus de l'entretenir ! Mes parents ont trimé pour avoir ce terrain", dénonce l'homme qui, trop ému, finit par se taire.

Une femme prend alors la parole. Elle est là en tant que citoyenne, solidaire du mouvement et surtout "très déçue car on s'en prend à des travailleurs. Après on dit que les Réunionnais sont des assistés". Un jeune résume la situation : "On est d'accord pour mettre de l'ordre, pour que le Parc fasse son travail mais avec nous, il doit décider en concertation avec les Réunionnais".

Les banderoles couvrent les grilles du Conseil général, quelques manifestants dansent et font du bruit… A quelques mètres de là, il y aussi Rocky. Lui, c'est un vendeur de miel et autres condiments qui, depuis l'ouverture du Belvédère-Tremblay, s'est posé à cet endroit de la route des Laves. "Le Parc national agit en dictateur", lance ce commerçant ambulant, très amer. Il se souvient encore de ce jour où les gendarmes ont débarqué pour lui demander de partir… Il avait quatre mois pour quitter les lieux. Le Parc national a proposé à Rocky un autre emplacement, celui-là règlementaire. "Un médiateur m'a proposé un aménagement sur la coulée de 2004. Mais c'est une proposition pour l'instant, j'attend la suite", annonce-t-il.

Tous, main dans la main, sont venus pour manifester leur désapprobation quant aux agissements du Parc national. De l'autre côté des grilles, dans l'hémicycle, le projet de charte du Parc national a été officiellement présenté.

 

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :