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La "pollution lumineuse" : une source de nuisances

Le Conseil de la culture, de l'éducation et de l'environnement (CCEE) a présenté ce matin une plaquette de sensibilisation pour la promotion d'une meilleure utilisation de l'éclairage artificiel, public et privé. Cette initiative intervient en réponse au phénomène grandissant de "pollution lumineuse"...
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 25 février 2009 à 13H15

Mettant à jour des problèmes souvent méconnus du public depuis 1984, le Conseil de la Culture, de l'Education et de l'Environnement s'est penché sur le phénomène de pollution lumineuse. Les éclairages artificiels urbains émettent une grande quantité de lumière dans le milieu naturel nocturne.

Lorsque cette lumière se disperse hors des zones d'utilisation réellement fonctionnelles, elle occasionne un certain nombre de nuisances. Pour le directeur du CCEE, Roger Ramchetty c'est "l'abus de ces éclairages qui pose problème".

Pour Sébastien Payet, qui a travaillé sur ce projet, la pollution lumineuse n'est pas un leurre. Photo satellite de nuit à l'appui, il fournit la preuve selon laquelle la Réunion est anormalement éclairée par de la lumière artificielle. En effet, La Réunion est bien visible de nuit, depuis l'espace...

Des nuisances multiples

Cette pollution lumineuse est à l'origine de multiples nuisances. L'exemple de l'impact sur la diversité est, à ce titre, révélateur. Eblouissements, désorientations ou encore bouleversements des rythmes: la pollution lumineuse est la 2ème cause de disparition des insectes (Sphinx de la Réunion, Rhinocéros de Bourbon) et des batraciens ou encore des rapaces nocturnes et des oiseaux migrateurs.

La Réunion est particulièrement concernée en raison de la présence d'une faune endémique. Principale cause de disparition pour les pétrels de Barrau, l'éclairage artificiel déroute puis épuise ces animaux. Autre problème: attirés par la lumière, les jeunes pétrels s'échouent lors de leur premier envol. Chaque année, ce sont 1.500 pétrels qui sont récupérés après leur échouage aux pieds des lampadaires, véritables barrières lumineuses. La flore n'est pas en reste étant donné le bouleversement des cycles biologiques liés à une luminosité quasi-continue.

Les chrono-biologistes sont unanimes sur l'impact des lumières artificielles sur la santé humaine. 80 perturbations ont ainsi été recensées par les scientifiques parmi lesquelles l'éblouissement, les troubles du sommeil et même l'agressivité. Les nuisances n'ont donc pas de limite... Pourtant, près de 70% de la surface terrestre est concernée par un phénomène pour lequel des solutions existent.

Les solutions existent

L'éclairage public représente 48% de la facture énergétique des communes et contribue largement aux émissions de gaz à effet de serre. La France est en retard mais s'est sensiblement rattrapée avec l'article 36 du Grenelle de l'Environnement.

Pour la CCEE, plusieurs solutions comportementales, techniques et législatives sont préconisées. Il faut savoir qu'il est possible de bénéficier d'un meilleur éclairage avec un confort égal. Certains luminaires renvoient plus de 50% de leur lumière vers le ciel. Une action sur l'orientation de l'éclairage vers le bas pourrait permettre plus de 30% d'économie d'énergie. Au delà de la bonne orientation des lampadaires, la limitation de l'intensité et de la durée de l'éclairage sont des facteurs importants d'économies...

Limiter la pollution lumineuse reviendrait donc à protéger l'habitat des espèces nocturnes, préserver la santé humaine et la vision d'un ciel étoilé et enfin, limiter la facture énergétique. Près de 5.000 jaquettes seront donc distribuées dans les écoles, aux citoyens et aux élus. Une partie d'entre eux s'est déjà engagée en faveur de ces solutions d'économies...

 

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