"Des atouts uniques" : comment Bruxelles veut adapter davantage les règles européennes aux réalités de La Réunion et des RUP

La Commission européenne a présenté ce jeudi 10 septembre une nouvelle stratégie en faveur des neuf régions ultrapériphériques (RUP) dont La Réunion. Agriculture, pêche, fiscalité, transports, énergie ou encore marchés publics : Bruxelles promet de mieux tenir compte de leurs contraintes spécifiques. Les nouvelles mesures réglementaires doivent toutefois encore être approuvées par les États membres.
La Commission européenne veut revoir son approche à l’égard des régions ultrapériphériques (RUP). Elle a adopté ce jeudi 10 septembre une nouvelle stratégie destinée à mieux intégrer les réalités de La Réunion, de Mayotte, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Saint-Martin, des Açores, de Madère et des îles Canaries dans les politiques européennes.
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Cette feuille de route s’accompagne d’un premier paquet réglementaire prévoyant des adaptations ciblées du droit européen. Les propositions concernent notamment l’agriculture, la sylviculture, la pêche, les migrations et la fiscalité.
« Nos régions ultrapériphériques ont des identités fortes, des atouts uniques et des positions géographiques qui projettent l’Europe aux quatre coins du monde. Mais leurs réalités locales et leurs contraintes spécifiques doivent être mieux prises en compte », affirme Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Agriculture, pêche, énergie et continuité territoriale
La stratégie repose sur quatre grandes priorités. Bruxelles souhaite d’abord renforcer l’intégration des RUP dans leur environnement régional, en développant les échanges avec les pays voisins, la connectivité, la sécurité et la surveillance maritime.
La Commission veut également soutenir les secteurs dans lesquels ces territoires disposent d’atouts particuliers, comme l’économie bleue, les énergies renouvelables, les biotechnologies, la recherche ou le spatial. Le renforcement des liaisons aériennes et maritimes figure aussi parmi les objectifs annoncés.
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Pour La Réunion, plusieurs mesures envisagées touchent directement aux problématiques locales : adaptation au changement climatique, autonomie énergétique, protection des ports et des câbles sous-marins, sécurité alimentaire ou encore soutien à l’agriculture et à la pêche.
La Commission indique par ailleurs que la future révision du système européen d’échange de quotas d’émission devra prendre en compte l’éloignement géographique des RUP ainsi que la nécessité de préserver la continuité territoriale, la connectivité et l’accès aux services essentiels.
Des adaptations possibles pour les marchés publics
Bruxelles prévoit également d’adapter certaines règles européennes en matière de marchés publics. La future législation sur les produits pourrait, elle aussi, permettre des ajustements lorsque les normes européennes apparaissent inadaptées aux conditions locales, à condition que ces dérogations soient nécessaires et proportionnées.
Le quatrième axe de la stratégie concerne la situation sociale des habitants. La Commission promet d’agir sur l’emploi, l’éducation, la pauvreté, le logement, l’accès à l’eau potable et aux soins. Elle affirme également vouloir soutenir le droit des populations à vivre dans leur territoire, notamment celui des jeunes.
« Les régions ultrapériphériques sont peut-être loin de l’Europe continentale, mais elles sont au cœur de notre projet européen », souligne Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission chargé de la cohésion et des réformes.
Des propositions encore soumises à validation
La Commission annonce la création d’un dialogue annuel structuré avec les RUP, d’un portail dédié et d’un dispositif d’accompagnement destiné à aider les acteurs locaux à accéder aux fonds et aux programmes européens.
Le cadre financier européen prévu pour la période 2028-2034 imposera par ailleurs à la France, au Portugal et à l’Espagne d’intégrer des mesures spécifiques pour leurs régions ultrapériphériques dans leurs plans nationaux et régionaux.
Ces annonces ne sont cependant pas toutes immédiatement applicables. Le paquet réglementaire doit désormais être soumis au Conseil de l’Union européenne, qui réunit les États membres, après consultation du Parlement européen.


