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Rugbyman tué, ultradroite, fusillade : pourquoi parle-t-on autant du procès Aramburu, ouvert ce lundi à Paris ?

Ecrit par L-H.T – le mercredi 9 septembre 2026 à 11H42
Photo d'archives

Quatre ans après la mort par balles de l’ancien international argentin Federico Martin Aramburu au cœur de la capitale, quatre personnes sont jugées devant la cour d’assises de Paris. Rixe, fusillade en pleine rue, accusés passés par l’ultradroite : voici pourquoi cette affaire, dont le procès s’est ouvert lundi 7 septembre, est particulièrement suivie.

Le procès de quatre personnes mises en cause dans la mort de l’ancien international argentin de rugby Federico Martin Aramburu s’est ouvert lundi 7 septembre devant la cour d’assises de Paris. Une affaire très médiatisée, qui mêle une fusillade mortelle au cœur de la capitale, le monde du rugby et le passé des principaux accusés dans les milieux de l’ultradroite.

Que s’est-il passé ? Dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, Federico Martin Aramburu, 42 ans, se trouve à Paris avec son ancien coéquipier Shaun Hegarty. Une altercation éclate tard dans la nuit dans un bar avec plusieurs hommes, dont Loïk Le Priol et Romain Bouvier, après un différend verbal.

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Après une première bagarre, les deux groupes se séparent. Mais, selon l’accusation, Le Priol et Bouvier partent ensuite à la recherche des deux anciens rugbymen dans les rues de Paris. Une nouvelle confrontation éclate boulevard Saint-Germain. Plusieurs coups de feu sont tirés. Aramburu est mortellement touché.

Qui sont les accusés ?

Loïk Le Priol, ancien militaire (il a notamment servi au Mali) et ancien membre du GUD, organisation étudiante d’ultradroite dissoute en 2024, est accusé d’assassinat. Il reconnaît avoir tiré les coups mortels, mais affirme avoir agi en légitime défense.

Romain Bouvier, également passé par le GUD, est poursuivi pour tentative d’assassinat. Il reconnaît avoir fait usage d’une arme mais conteste notamment l’intention de tuer.

Deux autres personnes comparaissent également : Lyson Rochemir, accusée d’avoir participé aux faits, notamment d'avoir conduit la Jeep dans laquelle figuraient les deux accusés, et Anthony Sorrentino, poursuivi pour avoir aidé l’un des accusés dans sa fuite.

Pourquoi cette affaire fait-elle autant parler ?

Au-delà de la mort d’un ancien international argentin, figure appréciée du rugby français, le procès doit notamment déterminer ce qui s’est réellement joué dans les minutes précédant les tirs.

Les débats portent sur la succession des événements, mais aussi sur l’intention des accusés et l’éventuelle préméditation. Aramburu a-t-il été tué en raison d'un mobile idéologique ou dans le cadre d'une altercation qui a dégénéré ?

Le Priol affirme avoir agi en légitime défense, tandis que l'accusation soutient notamment la thèse d'une traque après la première altercation. Son parcours dans les milieux de l’ultradroite et celui de Bouvier sont également examinés par la cour.

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C'est précisément ce qui donne au procès une dimension qui dépasse le simple fait divers. Les débats doivent permettre de distinguer le passé politique des accusés du mobile réel du meurtre.

Ancien joueur de Biarritz, Perpignan et Dax, Aramburu avait porté 22 fois le maillot des Pumas argentins et participé à la troisième place de l’Argentine lors du Mondial 2007.

Le procès doit se poursuivre jusqu’au 25 septembre à Paris.

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