Qualité de l’air : pourquoi l’indice "moyen" va devenir plus fréquent à La Réunion

Depuis le 3 septembre, Atmo Réunion diffuse un nouvel indice quotidien de la qualité de l’air dans les 24 communes de l’île. Plus précis et plus exigeant, il intègre désormais les particules fines PM2,5. Conséquence : les journées classées « moyennes » devraient se multiplier, sans que cela traduise nécessairement une aggravation de la pollution.
La qualité de l’air change de dimension à La Réunion. Depuis ce jeudi 3 septembre, Atmo Réunion applique une nouvelle méthode de calcul de l’indice ATMO. Jusqu’ici établi pour les trois principales agglomérations de l’île à partir des mesures réalisées dans les stations, l’indicateur couvre désormais les 24 communes.
Cette extension repose sur des outils de modélisation intégrant les relevés des stations de fond, les données météorologiques, les émissions recensées à La Réunion ainsi que des prévisions provenant de plateformes extérieures. Chaque jour, une estimation est publiée pour la journée en cours et le lendemain.
Six qualificatifs et plus d’indice chiffré
L’ancien indice, exprimé par un chiffre accompagné d’une couleur, disparaît. La qualité de l’air est dorénavant présentée à travers six qualificatifs : « bon », « moyen », « dégradé », « mauvais », « très mauvais » et « extrêmement mauvais ».
La catégorie « très bon » est ainsi supprimée, tandis que celle d’« extrêmement mauvais » fait son apparition. L’objectif affiché est de rendre l’information plus simple à comprendre tout en rapprochant l’indicateur des enjeux sanitaires.
Le nouvel indice prend également en compte un cinquième polluant. Aux particules PM10, au dioxyde d’azote, à l’ozone et au dioxyde de soufre s’ajoutent les PM2,5, des particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres.
Un sous-indice est calculé pour chacun de ces cinq polluants. Le qualificatif quotidien retenu pour une commune correspond ensuite au résultat le plus défavorable.
Davantage de journées classées « moyennes »
Cette nouvelle graduation devrait modifier sensiblement la perception quotidienne de la qualité de l’air. Les seuils retenus étant plus exigeants, le nombre de journées classées « moyennes » devrait augmenter significativement.
Atmo Réunion insiste toutefois sur un point : cette évolution ne signifiera pas nécessairement que l’air s’est dégradé. Elle résultera principalement de l’abaissement des seuils, de l’intégration des PM2,5 et du changement de méthode.
Selon l’organisme, les concentrations de particules et de dioxyde d’azote ont globalement diminué au cours des dix dernières années à La Réunion. L’ozone constitue cependant une exception à cette tendance.
Les communes rurales pourront, certains jours, afficher une qualité de l’air moins bonne que les zones urbaines, notamment en raison de concentrations d’ozone plus importantes.
Un indice différent des alertes pollution
L’indice ATMO reste avant tout un outil quotidien d’information et de sensibilisation. Il ne doit pas être confondu avec les seuils réglementaires permettant au préfet de déclencher des mesures lors d’un épisode de pollution.
Une qualité de l’air peut ainsi être qualifiée de « mauvaise » sans qu’un seuil préfectoral d’information ou d’alerte soit atteint. Pour l’ozone, par exemple, le nouvel indice devient « mauvais » à partir de 130 microgrammes par mètre cube, alors que le seuil permettant le déclenchement du dispositif préfectoral est fixé à 180 microgrammes.
Les PM2,5, désormais intégrées dans l’indice quotidien, ne figurent par ailleurs pas encore dans le dispositif préfectoral de gestion des épisodes de pollution.
Atmo Réunion rappelle enfin les limites de cet indicateur. Celui-ci décrit une situation générale, dite « de fond », mais ne reflète pas précisément l’exposition à proximité immédiate d’un axe routier ou d’une source particulière de pollution. Il ne prend pas non plus en compte les effets combinés des différents polluants, les particules ultrafines, les pesticides ou encore les pollens.


