Canicule : "L’heure est grave et je ne rigole pas…"

L’heure est grave et je ne rigole pas… Se déplacer de la métropole pour deux ou trois semaines à La Réunion (au cours des mois de juillet et août), ce n’était pas mon truc…
Depuis que je me balade sur le territoire de la retraite, mes périodes d’évasion et de détente se déroulent hors vacances scolaires… Même pour les courses, j’y vais dès potron-minet… je ne vis plus dans le même monde que ceux qui bossent, qui paient ma petite pension. Partageons-nous le temps et l’espace ! Voilà pour l’introduction.
Ces dernières années, le phénomène météorologique est venu perturber ma nouvelle organisation. Je me vois dans l’obligation de prendre le TGV puis l’avion et d’atterrir dans mon île natale en même temps que la cohorte des vacanciers. Pourquoi ? Ben, trop accablant, intolérable, la multiplication des périodes caniculaires en juillet et août.
En 2022, à la demande du site d’informations « Le Huffington Post », je rédigeais un article sur mon humble vision de la canicule. Je m’interrogeais alors sur le fait de savoir si je devais me considérer comme « réfugiée » ou « confinée » climatique.
En 2026, je répondrais que ces deux verbes me conviennent parfaitement. Je ne suis pas en joie lorsqu’arrivent les beaux jours. Je redoute l’été et « sa canicule », « son dôme de chaleur »…
Confinée, je le suis déjà en hiver ; avec le printemps et l’été, les jours s’allongent en Vaucluse (là où je vis) ; j’aimerais profiter du jardin, assister à des spectacles musicaux, flâner dans les festivals divers et variés… Hélas, en 2026 je me vois filer à La Réunion pour « respirer », « sentir » l’air.
Je constate que le temps caniculaire est le cauchemar de la retraitée que je suis désormais. Il faut rester attentive, à la fois sur le plan physique et mental. Et même si je le suis, au bout de plusieurs jours, une baisse de moral et une grosse fatigue physique prennent place… L’être humain n’est pas adapté à vivre par 38-40 degrés à l’ombre. La climatisation (et j’ai une pensée pour celles et ceux qui n’en possèdent pas) offre un confort de courte durée. On ne vit pas 24 heures sur 24 dans une atmosphère climatisée. Pas un brin d’air… même sous les arbres du jardin… On ne vit pas 24 heures sur 24 dans un bassin, même naturel…
L’organisme ne s’adapte en rien à cette chaleur intense.
L'été 2026 n'est pas entamé, je subis d'ores et déjà une double période caniculaire. Serai-je amenée à intégrer le cercle des « réfugiés du climat » ? Heureusement, je dispose de ressources pour me relocaliser, un lieu d'accueil. Je me demande pour combien de temps ma résistance tiendra…
Gilette Aho


