Narcotrafic : Sébastien Lecornu juge la riposte gouvernementale insuffisante

Réuni pour la première fois vendredi, le comité interministériel consacré à la lutte contre la criminalité organisée n'a pas convaincu le Premier ministre. Sébastien Lecornu réclame une mobilisation plus large de l'État face à un narcotrafic qu'il estime en pleine mutation.
Le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure dans la lutte contre le narcotrafic. Réuni vendredi à Matignon, le premier comité interministériel dédié à la criminalité organisée n'a toutefois pas répondu aux attentes du Premier ministre. Selon son entourage, Sébastien Lecornu a estimé que les pistes présentées par les différents ministères demeuraient trop limitées face à l'ampleur du phénomène.
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Le chef du gouvernement considère que les réseaux criminels ont profondément évolué ces dernières années, gagnant en puissance, en organisation et en capacité d'action. Face à cette situation, il a demandé un "changement d'échelle" de la réponse publique et annoncé une implication plus directe de Matignon dans le suivi du dossier.
Succession de règlements de comptes meurtriers
Jusqu'à présent porté principalement par le ministère de l'Intérieur et celui de la Justice, le combat contre les trafics de stupéfiants doit désormais mobiliser davantage de membres du gouvernement. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, est notamment appelé à jouer un rôle de premier plan, alors que les autorités s'inquiètent de l'implication croissante de mineurs dans ces réseaux, qu'ils soient victimes ou auteurs d'actes criminels.
Cette réunion intervient dans un contexte marqué par une succession de règlements de comptes meurtriers liés au trafic de drogue. Depuis plusieurs mois, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez défend l'idée d'une stratégie globale impliquant l'ensemble de l'État et non les seules forces de sécurité.
Autour de la table figuraient une douzaine de ministres, parmi lesquels Laurent Nuñez, Gérald Darmanin, Jean-Noël Barrot ou encore Maud Bregeon. Tous ont constaté les transformations rapides de la criminalité organisée, caractérisée par une internationalisation accrue, l'utilisation croissante des outils numériques, un rajeunissement des acteurs impliqués et une violence de plus en plus décomplexée.
Un nouveau comité interministériel devrait être convoqué prochainement afin de définir une méthode de travail revue et des mesures jugées plus ambitieuses.


