Municipales 2026 : à Sainte-Rose, la probabilité d’annulation de l’élection de Michel Vergoz est minime

Arrivé en troisième position lors de la victoire de Michel Vergoz au premier tour des municipales de mars dernier, William Courtois conteste la sincérité des opérations électorales devant le tribunal administratif. Mais les preuves manquent pour le candidat battu du RN.
En matière de contestation électorale, la charge de la preuve appartient au requérant. Et William Courtois en a convenu lui-même à la barre du tribunal administratif, ce jeudi 28 mai : des preuves de fraude lors du premier tour des municipales à Sainte-Rose, le candidat du RN n’en a pas à proposer aux magistrats.
« Allez trouver des preuves dans une commune de 6.500 habitants », a fait valoir le candidat arrivé en troisième position (17,37%) derrière Sully Hoareau (23,43%) et le maire sortant Michel Vergoz (58,27%), réélu dans un fauteuil.
Une plainte déposée pour une tentative d'achat de voix
« Mais les faits sont là : c'était compliqué de faire cette campagne tant la pression était énorme », ajoute William Courtois, sans émouvoir les magistrats. Le rapporteur public, chargé de présenter ses conclusions sur l’instruction du dossier, a proposé de rejeter la requête du candidat de la liste "Rassemblement pour le changement – Debout Sainte-Rose".
Les arguments de William Courtois sur le déroulement des opérations de vote ont été balayés. Les 401 procurations (sur 4.621 suffrages exprimés, pour un taux de participation de 79,75%), dont un certain nombre accordées à des personnels de la mairie ? Pas de preuve que cela ait pesé sur le scrutin. Et la pratique n’est pas interdite, a souligné le rapporteur public.
Le candidat RN a aussi évoqué une plainte déposée le 17 mars par un habitant de Saint-Joseph, inscrit sur les listes électorales à Sainte-Rose. L’homme affirme avoir été sollicité pour un pacte de corruption : sa procuration en faveur de Michel Vergoz en échange d'une somme d‘argent versée par le CCAS de Sainte-Rose, après inscription dans les registres de la structure paramunicipale à vocation sociale.
Des enregistrements téléphoniques versés au dossier
L’auteur de la plainte a enregistré deux conversations téléphoniques, dont William Courtois a fait réaliser les transcriptions par un huissier. Le rapporteur public a recommandé aux magistrats de ne pas tenir compte de ces conversations en créole, qui ne permettent pas de conclure selon lui à une corruption opérée par le CCAS. Et qui, en tout état de cause, n’aurait pas interféré sur un scrutin largement remporté par Michel Vergoz.
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Les transcriptions des échanges téléphoniques, consultées par Zinfos974, exposent notamment des tractations de l’auteur de la plainte, qui réclame à son interlocuteur 1.000 euros pour donner sa procuration, quand ce dernier lui explique que la somme demandée est trop élevée.
Une compilation de ragots de militants, selon la défense
Joint au téléphone, le présumé intermédiaire du CCAS a assuré ne pas être au courant d’une quelconque malversation, et indique ne pas avoir été contacté par les gendarmes au sujet de la plainte.
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« C’est une protestation électorale qui semble compiler tous les ragots des militants », déplore Me Éric Dugoujon, l’avocat de Michel Vergoz, pour qui cette conversation téléphonique relève d’un mauvais canular. L’avocat souligne que William Courtois n’apporte aucun élément établissant une relation entre le maire de Sainte-Rose et le présumé auteur du pacte de corruption.
La décision du tribunal est attendue d’ici deux semaines.


