Comment les cliniques Les Tamarins musclent leur rééducation pour reconstruire les accidentés de la route

Derrière les chiffres des accidents de la route se cachent des vies bouleversées à jamais. À la clinique Les Tamarins de Pierrefonds, à travers de nouveaux équipements financés grâce aux recettes des radars, des victimes tentent désormais de réapprendre à marcher, conduire ou simplement vivre après le drame. À 17 ans, Darryl Lebian incarne ce long chemin de reconstruction.
En 2025, 42 personnes ont perdu la vie sur les routes réunionnaises et 1120 ont été blessées. Depuis le début de l’année, 14 décès sont déjà à déplorer. Mais derrière les statistiques et les drames mortels, il y a aussi tous ceux qui survivent avec de lourdes séquelles physiques et psychologiques.
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Traumatismes crâniens, lésions de la moelle épinière, atteintes du rachis, amputations… autant de blessures qui imposent ensuite des mois, parfois des années, de rééducation.“Ce que l'on voit pas c'est la prise en charge des personnes qui sortent de ce drame et qui doivent apprendre à vivre”, souligne le sous-préfet de Saint-Pierre, Jean-Paul Normand.
Accompagné du directeur de cabinet du préfet et chef de projet sécurité routière, Vincent Bernard-Lafoucrière, le représentant de l’État est venu découvrir ce jeudi les nouveaux équipements des cliniques Les Tamarins. L’établissement a bénéficié d’un financement du Fonds pour la modernisation des établissements de santé publics et privés (FMESPP), alimenté par le surplus des recettes radars.
Chaque année, ce fonds représente 26 millions d’euros au niveau national, dont 860.000 euros pour La Réunion et c'est dans le cadre d'un appel à projets consacré aux accidentés de la route que la clinique s’est équipée de cinq machines de pointe. Un simulateur de conduite, outils d’analyse et de rééducation à la marche ou encore IVS3, un appareil de simulation visuelle destiné à rééduquer les membres paralysés ou douloureux, viennent ainsi compléter le plateau technique dédié à la rééducation des patients.
“Y aller plus sereinement lors de la vraie conduite”
Assis derrière un volant mais face à plusieurs écrans, Darryl Lebian, 17 ans, s’entraîne ce jeudi sur le simulateur de conduite automobile. Le jeune homme a été victime d’un grave accident de moto en mai 2024. Alors qu’il tentait d’éviter un camion présent sur sa voie, il a chuté avant de passer sous le poids lourd. S’en sont suivies plusieurs opérations, une longue convalescence et un important travail de rééducation.
Aujourd’hui, malgré le traumatisme, l’adolescent nourrit un objectif : passer son permis de conduire. "Le but du simulateur c'est d'être confronté à certains dangers mais surtout d'appréhender tout ça et d'y aller plus sereinement lors de la vraie conduite”, explique-t-il.
L’outil permet d’évaluer les capacités cognitives et motrices des patients après un accident de la route ou d’autres pathologies neurologiques, précise l’ergothérapeute Lisa Deshayes.
Pour Darryl, la reconstruction dépasse largement le simple aspect physique."On est aussi bien suivi sur le plan physique que psychologique et c'est bien pour se reconstruire”, confie le jeune homme.
Prévenir, mais aussi réparer
Au-delà de la rééducation, cette visite a également permis aux représentants de l’État de rappeler les enjeux de la sécurité routière. "La politique de sécurité routière tient sur deux jambes : la répression et la prévention”, rappelle Vincent Bernard-Lafoucrière.
Dans les cilinques Les Tamarins, la prise en charge pourrait prochainement s’élargir davantage. L’établissement prévoit de répondre à un nouvel appel à projets destiné cette fois aux structures médico-sociales et psychologiques, avec un axe particulier sur les psychotraumatismes liés aux accidents de la route.
Pour des patients comme Darryl, ces dispositifs représentent une possibilité de retrouver une autonomie, de reprendre confiance et d’imaginer à nouveau l’avenir.


