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Municipales 2026 : des irrégularités constatées à la Plaine-des-Palmistes, mais sans doute pas assez pour faire annuler le scrutin

Ecrit par T.L. – le mercredi 20 mai 2026 à 18H18

Faute d’avoir pu apporter la preuve des multiples irrégularités qu’elle dénonce, Amandine Ramaye ne semble pas en mesure de convaincre les magistrats du tribunal administratif d’annuler le scrutin. D’autant que l’écart de voix avec le maire sortant Johnny Payet est abyssal.

Bien qu’arrivée en quatrième et dernière position de l’élection municipale du 15 mars dernier, remportée dès le premier tour par le maire sortant Johnny Payet (58,99 % des suffrages exprimés), Amandine Ramaye n’en revendique pas moins le droit de demander l’annulation du scrutin.

« C’est une question de justice : j’ai voulu porter à votre connaissance le fait qu’il y a eu des problèmes. Mais quand une présidente de bureau vous empêche de consigner les problèmes, comment en faire la preuve ? », a interrogé la candidate de la gauche à l’attention des magistrats du tribunal administratif de La Réunion, ce mercredi 20 mai.

Comme l’a rappelé le rapporteur public lors de l’audience, les protestations électorales constituent une procédure particulière : il incombe au protestataire d’apporter la charge de la preuve, et toute allégation non étayée doit être écartée par les magistrats, sans que le candidat visé n’ait besoin de se défendre.

Quand Johnny Payet s'affiche sur les voitures sono

Raison pour laquelle de nombreux arguments d’Amandine Ramaye ont été écartés par le rapporteur public, qui a conclu au rejet de sa demande d’annulation des opérations électorales. Un premier avis important en attendant la décision du tribunal, prévue d’ici une quinzaine de jours.

Ce qui ne signifie pas que le scrutin se soit déroulé de manière équitable pour tous les concurrents : le rapporteur public a ainsi considéré comme irrégulier l’affichage du visage de Johnny Payet sur ses voitures sono, interdit par la loi. Mais a estimé que l’écart de voix (2.186 pour le maire sortant contre 181 pour Amandine Ramaye, ou 819 pour Sophie Arzal, arrivée en seconde position) était trop important pour juger que tout cela avait pu avoir un effet sur le résultat final.

Lire aussi : Plaine-des-Palmistes : Johnny Payet réélu à la tête d'une majorité renforcée

Autres irrégularités admises par le rapporteur public : le fait qu’une personne sous tutelle ait été accompagnée dans l’isoloir, sans que son infirmité ne soit avérée. Ou encore que le vote d’un électeur avec une pièce d’identité périmée depuis plus de cinq ans ait été comptabilisé.

« Quinze familles, cela compte dans une si petite commune »

Me Asma Dodat, l’avocate de la protestataire, a surtout insisté sur la cérémonie de pose de la première pierre du Village bien-être qui s’est tenue le 24 février dernier, alors que les crédits Feder (qui représenteraient 90% du financement) n’ont été votés par la Région que le vendredi 10 avril.

Lors de l’audience, Amandine Ramaye a assuré que le maire sortant Johnny Payet avait « identifié 15 artisans » pour occuper les emplacements commerciaux du Village bien-être, ce qui constituerait à ses yeux une promesse électorale.

« Quinze artisans, ce sont quinze familles de la Plaine-des-Palmistes, cela compte dans une si petite commune. Quand il bétonne des chemins privés pendant la campagne électorale, les gens sont contents car ils attendaient cela depuis longtemps », fait-elle valoir aux magistrats.

À La Réunion, il est coutume de dire qu’il suffit de s’attirer les bonnes grâces d’une importante famille de Sainte-Rose ou de la Plaine pour renverser un maire, ou au contraire assurer son maintien.

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