Revenir à la rubrique : Société

"Lèv preskription la !" cette association réunionnaise réclame la fin de la prescription pour les crimes de viol

Ecrit par L-H.T – le mardi 19 mai 2026 à 18H15

L’Union des Femmes Réunionnaises demande une réforme profonde du droit français concernant les violences sexuelles. L’association estime que les délais actuels empêchent encore de nombreuses victimes d’accéder à la justice. Explications.

À La Réunion, l’Union des Femmes Réunionnaises (UFR) relance le débat sur la prescription des crimes sexuels. Dans un communiqué publié lundi 18 mai, l’association réclame "la levée de la prescription pour les crimes de viol" et appelle à une évolution "profonde" du droit français.

Le texte, intitulé "Lèv preskription la !", rappelle le fonctionnement actuel de la loi française. Pour les viols commis sur mineurs, les victimes disposent aujourd’hui d’un délai de trente ans à compter de leur majorité pour porter plainte.

Lire aussi : Violences faites aux femmes : l’UFR critique le recours au plaider-coupable

Concrètement, une personne violée à l’âge de 12 ans peut engager une action judiciaire jusqu’à ses 48 ans. Au-delà, les faits deviennent prescrits, même en présence d’éléments nouveaux ou d’aveux.

Pour l’UFR, cette limite ne correspond pas à la réalité des violences sexuelles. L’association rappelle que de nombreuses victimes mettent parfois des années, voire des décennies, avant de pouvoir parler.

Le communiqué évoque les mécanismes psychotraumatiques liés aux violences sexuelles : "sidération, peur, emprise, dissociation ou amnésie traumatique" susceptibles de retarder fortement la prise de parole.

"Violence institutionnelle supplémentaire"

"Le temps judiciaire ne correspond donc pas au temps vécu par les victimes", écrit l’organisation féministe.

L’UFR estime que la prescription peut conduire à "une forme d’impunité de fait" et représenter "une violence institutionnelle supplémentaire" pour les victimes.

Dans son texte, l’association considère aussi que "le viol est un crime d’une extrême gravité dont les conséquences marquent durablement les vies" et affirme qu’"aucun délai ne devrait empêcher la recherche de la vérité ni l’accès à la justice".

Lire aussi : "Chaque femme est libre de dire non, et quand elle dit non, c’est non" : Vers la fin du “devoir conjugal” en France et à La Réunion ?

Cette prise de position intervient alors que le ministre de la Justice s’est récemment déclaré "favorable" à l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur mineurs, une évolution que l’UFR considère comme une avancée importante.

Au-delà de la prescription, l’association réclame aussi un renforcement des moyens de la justice, un meilleur accompagnement des victimes et une prise en compte plus importante des traumatismes dans les procédures judiciaires.

Ambition et prévention

Elle demande enfin "une politique publique ambitieuse de prévention et d’éducation contre les violences sexuelles".

L’Union des Femmes Réunionnaises affirme vouloir continuer à porter "la parole des victimes avec détermination".

Lire aussi : L’Union des Femmes Réunionnaises dénonce une "abomination" après le retour du débat sur la réouverture des maisons closes

Le débat sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels revient régulièrement dans l’actualité française, notamment après plusieurs affaires médiatisées où des victimes ont dénoncé des faits devenus prescrits malgré des témoignages ou des éléments matériels.

Etiquettes : Justice | UFR | Viols

Dans la même rubrique

0💬
Tri :