"Ce sont des actes de cruauté" : à La Réunion, des chiens de chasse retrouvés muselés et affamés, les chasseurs mis en cause ?

Le collectif AZIR974 alerte les autorités sur des pratiques de chasse jugées "maltraitantes" et réclame des contrôles renforcés. Plusieurs chiens auraient été retrouvés ces derniers mois en forêt, muselés avec du fil de fer, des lacets ou des dispositifs empêchant de boire et de se nourrir.
Le courrier est brutal. Aussi brutal que la situation est grave. Et les photos qui l’accompagnent le sont encore davantage. À La Réunion, le collectif de protection animale AZIR974 accuse certains chasseurs de pratiquer des actes de maltraitance sur leurs chiens, retrouvés parfois perdus, amaigris ou blessés dans les hauts de l’île.
Dans une lettre adressée au sous-préfet, le collectif évoque des chiens "ficelés et muselés" avec des lacets ou même "du fil de fer sur le museau" afin que les animaux "n’abîment pas leurs proies".
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Selon les associations, ces dispositifs empêchent parfois totalement les chiens de boire ou de se nourrir, provoquant blessures, souffrance, amaigrissement extrême et stress. "Ils peuvent en mourir car il leur est impossible de se nourrir et de boire", écrit le collectif, qui parle explicitement "d’actes de cruauté".
Le document recense plusieurs cas signalés ces derniers mois dans différents secteurs de l’île.
Le 9 décembre 2025, un chien nommé Mattis aurait été retrouvé "muselé, squelettique et blessé" à la Plaine-des-Palmistes, alors même que la chasse était fermée dans le secteur. Les photos annexées au communiqué, qui nous sont parvenues, montrent un animal extrêmement amaigri.
Assumé par les chasseurs ?
Fin janvier 2026, un beagle aurait été découvert au Maïdo avec "la tête boursouflée" après avoir porté une muselière extrêmement serrée.
Le 16 mars, un épagneul "hyper craintif" et "affamé" aurait été secouru aux Makes avec "une lacette au museau".
Plus récemment encore, un chien équipé d’une muselière fermée "sans possibilité de se nourrir ou boire" aurait été signalé au col de Bélouve, tandis qu’un autre épagneul épuisé aurait été retrouvé errant à Sainte-Anne.
Le collectif AZIR974 affirme que ces situations seraient récurrentes et parfois "assumées par les chasseurs" eux-mêmes sur certains groupes Facebook spécialisés. Des captures d’écran auraient été conservées par les associations.
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Les animaux retrouvés seraient souvent non identifiés, sans puce électronique, sans suivi vétérinaire et particulièrement craintifs. En clair, vulnérables. Les associations dénoncent aussi des pratiques de braconnage, certains chiens étant retrouvés en dehors des périodes légales de chasse.
Dans son courrier, le collectif appelle l’État à renforcer les contrôles sur les conditions de détention des chiens de chasse et réclame davantage de répression. Il propose également des campagnes de sensibilisation en créole et en français, inspirées de celles menées en Guadeloupe ou en Martinique contre la maltraitance animale.
Sentiment d'impunité
"Un sentiment d’impunité est largement répandu dans ce milieu", estime AZIR974, qui demande aux autorités de "faire des exemples" pour mettre fin à ces pratiques.
Le collectif dit regrouper dix associations de protection animale sur l’île.
À ce stade, les autorités n’ont pas publiquement réagi à ce signalement.
#MaltraitanceAnimale | Mardi dernier à Saint-André (974), lors d’une opération de sécurisation dans le quartier Fayard, les #policiers ont aperçu 2 chiens enfermés dans un véhicule hors d’usage. Malgré l’intervention des 👮, seul le chiot a pu être secouru.
🚨 Un acte de… pic.twitter.com/mPg96zMkFt— Police nationale (@PoliceNationale) March 20, 2024


