Revenir à la rubrique : Politique

Contrats aidés : le Département met 12 millions d’euros sur la table face au désengagement de l’État

Ecrit par Zinfos974 – le mercredi 6 mai 2026 à 19H02
Cyrille Melchior (photo : Alexandre Robert)

Face à la chute des contrats aidés décidée par l’État, le Conseil départemental de La Réunion affiche sa riposte : maintenir un niveau d’intervention et alerter sur les conséquences sociales. Une ligne de crête entre soutien aux publics fragiles et pression politique sur Paris.

Le ton est ferme. Confronté à une baisse massive des crédits de l’État dédiés aux Parcours Emploi Compétences (PEC), le Conseil départemental de La Réunion revendique un choix « de transparence et de responsabilité ». Lors de la séance plénière du 15 avril 2026, les élus ont unanimement adopté une motion pour exiger le maintien d’un volume de contrats équivalent à celui de 2025, soit autour de 10 000 dispositifs, ainsi que la reconduction de la Convention annuelle d’objectifs et de moyens (CAOM) et une meilleure visibilité sur les années à venir.

Dans les faits, la trajectoire budgétaire nationale va à rebours de ces demandes. Le volume de contrats PEC tomberait à environ 4 000 en 2026, contre 10 000 l’an dernier. Une chute que la collectivité qualifie de « drastique » et aux conséquences potentiellement lourdes pour le tissu social et économique local.

Lire aussi : Contrats aidés en baisse : un "séisme social", les élus appellent à manifester le 20 mai

Pour amortir le choc, le Département met la main à la poche. Sur ces 4 000 contrats annoncés, 1 700 sont financés à 90 % par la collectivité. Sans cet effort, le nombre total de PEC à La Réunion serait tombé à près de 2 000. Au total, ce sont 12 millions d’euros de fonds propres qui sont mobilisés par la collectivité pour financer la CAOM et maintenir une partie du dispositif.

Dans le détail, ces 1 700 contrats sont répartis selon une clé déjà utilisée les années précédentes : 500 pour les besoins des services publics départementaux (collèges, entretien des routes ou des sentiers), 500 pour les communes et 700 pour les associations. Un maillage qui vise à préserver à la fois les missions de service public et l’activité du secteur associatif, particulièrement dépendant de ces dispositifs.

Au-delà des chiffres, l’exécutif départemental cherche à installer un rapport de force avec l’État. Son président, Cyrille Melchior, alerte sur les conséquences d’un retrait durable : « Sans réengagement rapide et significatif, c’est l’équilibre social de La Réunion qui est directement menacé ». Une mise en garde qui s’inscrit dans un climat déjà tendu autour de la baisse des contrats aidés, régulièrement dénoncée par les collectivités locales.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :