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À L’Étang-Salé, les contrats aidés en chute de 95 %, la continuité du service public communal "plus garantie”

Ecrit par Zinfos974 – le mercredi 6 mai 2026 à 06H25

Après la réunion avec le préfet ce mardi, les élus réunionnais ont entamé un front commun face à la réduction drastique des contrats aidés. À L’Étang-Salé, la commune anticipe une chute de plus de 95 % de ses Parcours emploi compétences (PEC), avec des répercussions directes sur les écoles et les services à la population.

La décision de l’État de réduire fortement le nombre de contrats aidés à La Réunion suscite une vive inquiétude chez les élus locaux. Réunis ce mardi à la préfecture, les 24 maires de l’île et les présidents d’intercommunalités ont été informés d’une baisse significative des Parcours emploi compétences (PEC), entraînant une réaction collective dès les minutes qui ont suivi.

Lire aussi : Contrats aidés en baisse : un "séisme social", les élus appellent à manifester le 20 mai

Selon les éléments présentés, le volume global de contrats passerait d’environ 10 000 en 2025 à 4 000 en 2026, soit une diminution de 60 %. Parmi ces contrats, seuls 800 seraient désormais réservés aux communes et intercommunalités, "pourtant en première ligne dans la mise en œuvre des politiques publiques de proximité", dénonce le maire de l'Etang-Salé dans un communiqué. 

Une chute de 95 % à L’Étang-Salé

Sur la commune, l’impact est particulièrement marqué. L'Etang-Salé, qui bénéficiait jusqu’ici de 120 contrats PEC par an, pourrait voir ce nombre réduit à une poignée de postes. “Cette annonce laisse entrevoir une baisse de plus de 95 % de ces contrats”, chiffre le maire, Mathieu Hoarau.

Parmi ces emplois, 77 sont directement affectés au fonctionnement des écoles et du périscolaire. "Leur disparition remet en cause l’organisation même de la rentrée scolaire 2026", alerte la commune.

"Dès aujourd’hui, la question se pose pour la prochaine rentrée scolaire : faudra-t-il redéployer les ATSEM ? Réduire, voire supprimer le périscolaire ? Remettre en cause la restauration scolaire ? Autant de services juridiquement facultatifs, mais devenus, dans les faits, indispensables à la vie quotidienne des familles. Ces services ne pourront pas être maintenus à fiscalité constante dans un contexte
de désengagement brutal de l’État
", questionne le maire.

Des services publics fragilisés

Le premier magistrat rappelle que les contrats aidés jouent un rôle central dans le fonctionnement quotidien des collectivités. Accueil des enfants, restauration scolaire, entretien des espaces publics ou accompagnement des publics fragiles : ces missions reposent en grande partie sur ces dispositifs.

Mathieu Hoarau alerte sur l’impossibilité de maintenir ces services dans les conditions actuelles : “La continuité du service public communal ne pourra plus être garantie” .

Plusieurs scénarios sont évoqués pour la rentrée prochaine : redéploiement des agents, réduction du périscolaire, voire remise en cause de la restauration scolaire. Des services “juridiquement facultatifs, mais devenus indispensables à la vie quotidienne des familles” .

Un contexte déjà dégradé

Cette réduction intervient dans un contexte économique jugé particulièrement tendu. Inflation, hausse des coûts de l’énergie et des carburants, baisse du pouvoir d’achat : autant de facteurs qui accentuent la pression sur les collectivités et les ménages.

Le désengagement financier de l’État, désormais limité à 40 % du financement des contrats, renforce également la précarité des dispositifs, estime par ailleurs la commune. 

"Pourtant, chacun sait ici que les emplois aidés ne sont pas de simples variables d’ajustement budgétaire. Ils sont par moment des tremplins vers l’emploi durable.Nombre de nos agents titulaires ont débuté leur parcours professionnel dans le cadre de dispositifs tels que les TUC, CES, CEC, emplois jeunes ou PEC. Certains ont ensuite réussi des concours de catégorie B ou A et contribuent aujourd’hui pleinement au fonctionnement de nos collectivités", met en avant la commune. 

Un appel à l’unité des élus

Face à cette situation, les élus réunionnais entendent faire bloc. Un appel à la solidarité et à l’unité a été lancé pour peser collectivement sur cette décision. Ils demandent une réévaluation immédiate des quotas dans le cadre d’un dialogue avec l’État.

“Il en va du maintien de nos services publics de proximité, de la cohésion sociale de notre territoire”, souligne le maire de L’Étang-Salé.

Au-delà des chiffres, les élus pointent un risque plus large : celui d’une déstabilisation durable du fonctionnement des communes et d’un affaiblissement des dispositifs d’insertion vers l’emploi.

Etiquettes : Etang-Salé | PEC

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