Urcoopa : Terracoop exclue du conseil d’administration, la rupture est consommée

Réunie ce matin à Cambaie, l’Urcoopa a acté l’exclusion de Terracoop du conseil d'administration. Un conseil d'administration se tient actuellement et va acter l'exclusion de l'Union. Une décision lourde de conséquences dans un conflit déjà explosif autour de la Soficoop.
Le point de non-retour semble atteint. Ce lundi matin, au siège de l’Urcoopa à Cambaie, la gouvernance actuelle est passée à l’acte. Réunis en assemblée générale, les membres ont d’abord voté la révocation de Terracoop de son mandat d’administrateur. Dans la foulée, une seconde réunion du conseil d’administrationse tient actuellement, au cours de laquelle un nouveau vote doit intervenir : l’exclusion pure et simple de Terracoop de l’Union. Et c'est ce qu'il va se passer.
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Deux décisions successives, dans la même matinée, qui scellent une rupture désormais totale entre les deux camps.
“Aujourd’hui, Terracoop est exclue"
Présent sur place, Floret Maket, administrateur représentant Terracoop, n’a pas caché son incompréhension. “Aujourd’hui, Terracoop est exclue du conseil d’administration, puis exclue de l’Union. Tout ça parce qu’on a proposé un plan concurrent pour sauver la Soficoop”, déplore-t-il.
Depuis plusieurs semaines, Terracoop défend en effet un projet alternatif dans le cadre du redressement de la holding du groupe. Une initiative que ses dirigeants présentent comme une solution viable pour préserver l’outil et les emplois. Mais qui a aussi cristallisé les tensions avec la direction en place.
“On propose un plan pour sauver, et la réponse c’est : on vous exclut”, poursuit Floret Maket, qui dénonce une logique de fermeture. “On parle d’une union agricole, et on remplace une coopérative qui représente 300 salariés par Proval, une usine d’aliments… Je ne comprends pas.”
Au-delà de la décision elle-même, c’est aussi la méthode qui est contestée. Le représentant de Terracoop évoque des tentatives de médiation restées sans suite. “On voulait apaiser les choses, construire quelque chose en commun, avec les idées de tout le monde. L’objectif, c’était de sauver la Soficoop.”
Mais désormais, le dialogue est rompu.
Alerte sur l'emploi au sein de Terracoop
Sur le terrain, les conséquences pourraient être immédiates. Terracoop alerte sur les risques pour ses équipes. “Aujourd’hui, ça fragilise 300 salariés. C’est compliqué. On est un genou à terre, mais on va continuer à se battre.”
Cette exclusion intervient dans un contexte déjà sous haute tension, quelques semaines après la décision du tribunal de commerce de suspendre les effets du conseil d’administration contesté du 20 mars. Une décision qui avait temporairement figé la situation, sans régler le fond du conflit.
Derrière cette nouvelle étape, c’est toujours le même enjeu qui se joue : le contrôle d’Urcoopa au moment où se dessine l’avenir de la Soficoop et de son plan de redressement.
Avec cette double décision, la gouvernance actuelle reprend clairement la main. Mais elle ouvre aussi une nouvelle séquence de confrontation, qui pourrait rapidement se déplacer à nouveau sur le terrain judiciaire.
Une chose est sûre : après ce lundi matin, le conflit entre Urcoopa et Terracoop n’est plus une crise interne. C’est une rupture.


