"Tout le monde ne veut pas vivre dans un immeuble" : une mission parlementaire pour mieux connaître les réalités locales du logement à La Réunion

Dans le cadre d’une mission nationale d’évaluation conduite par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale, présidé par Yaël Braun-Pivet, les députés Karine Lebon et François Jolivet sont en déplacement à La Réunion pour évaluer la politique du logement social et observer les réalités du terrain.
En déplacement à La Possession, la députée Karine Lebon a tenu à montrer à son collègue François Jolivet (député de l'Indre, membre du groupe Horizons) la réalité que connaissent beaucoup de Réunionnais à l'occasion de leur mission d’évaluation du logement en Outre-mer.
Un rapport menée dans le cadre des travaux du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques, présidé par Yaël Braun-Pivet, présidente de la chambre basse.
En visite les lundi 27 et mardi 28 avril à La Réunion, les deux rapporteurs rencontrent les acteurs du secteur et observent les réalités du terrain. Accompagnés du maire Erick Fontaine et de Jean-Michel Singainy (qui a pris la tête de la CNL localement après l’élection d’Erick Fontaine à la mairie), ils visitent notamment plusieurs logements et équipements du territoire.
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Les députés ont d’abord visité une résidence seniors dont les habitants disent se sentir oubliés, estimant que les équipements et services promis tardent à être mis en place. Ils ont ensuite découvert une case en bois sous tôle, qualifiée par ses occupants eux-mêmes d’habitat indigne. L’une des habitantes confie : "Je veux au moins qu’on puisse rénover pour mon mari. Il est aveugle et c’est dangereux pour lui, notamment l’accès à la salle de bain et aux toilettes".

Un constat partagé sur la nécessité de mieux coordonner les politiques du logement
Karine Lebon insiste sur un manque de coordination entre les dispositifs existants. "Les différents organismes ne se parlent pas entre eux, les situations traînent et les gens ne trouvent pas de solution", alerte la députée, évoquant une crise profonde avec "52.000 demandes de logements en attente" et des délais qui s’allongent. Elle rappelle également que la problématique dépasse le seul logement social : "Il n’y a pas que le logement social, il y a l’habitat de manière générale".
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De son côté, François Jolivet dit avoir été marqué par la réalité du terrain. "On parle souvent de logements sociaux, mais il faut d’abord parler d’habitat", explique-t-il, évoquant la nécessité d’un véritable parcours résidentiel. Il souligne aussi les attentes des habitants, parfois éloignées des modèles proposés : "Tout le monde ne veut pas vivre dans un immeuble".
Le député pointe enfin un manque de coordination globale : "J’ai le sentiment que ça ne se parle pas beaucoup entre les acteurs", estimant que la réponse à la crise doit être collective, impliquant à la fois l’État et les collectivités. Cette mission d’évaluation nationale intervient dans un contexte où 84 % des ultramarins considèrent le logement comme leur première préoccupation, contre 54 % dans l’Hexagone.



