Salon de la maison : entre bonnes affaires et crise du logement, la 37e édition se lance à La Nordev

C’est en présence des maires de la Cinor, mais aussi du président de l’intercommunalité, Jacques Lowinsky, qu’a été présenté ce jeudi le contour de la 37e édition du Salon de la maison, qui se tiendra du 1er au 10 mai à La Nordev, à Saint-Denis.
« L’idée est de remettre l’humain au cœur de tout », explique Jacques Lowinsky. La thématique retenue cette année pour ce rendez-vous devenu incontournable pour les Réunionnais en quête de bons plans ou d’idées pour leur habitat : « Not kaz, not vie ». Organisé par la Nordev, le Salon de la Maison fera son retour du 1er au 10 mai 2026 pour sa 37e édition. Rendez-vous majeur de la vie économique réunionnaise, l’événement réunira 360 exposants sur 20.000 m² et plus de 1.100 stands consacrés à la construction, la rénovation, la décoration ou encore l’immobilier.
Un salon attendu malgré la conjoncture
Le salon s’ouvrira pourtant dans un contexte économique tendu. Hausse annoncée des carburants, inflation qui pourrait repartir dans les prochains mois, ménages contraints de surveiller chaque dépense : le décor est posé. De quoi faire craindre un coup de frein sur la fréquentation.
Les organisateurs veulent croire au contraire à une nouvelle forte mobilisation. L’an dernier, 106.000 visiteurs avaient arpenté les allées de La Nordev.
« On va être attentifs », reconnaît Mickaël Martin, directeur du site. « Beaucoup de personnes profitent de ce moment pour faire leurs achats. Même en temps de crise, nous ne devrions pas avoir de difficultés. Les gens attendent ce moment. »
Au-delà du grand public, les entreprises – 360 exposants cette année – réalisent parfois entre 15 % et 75 % de leur chiffre d’affaires annuel sur l’événement. Autant dire que ce rendez-vous reste stratégique.
Derrière la “kaz”, le vrai sujet du logement
Mais cette présentation a aussi permis aux élus du Nord de faire passer un message plus politique. Si le salon reste avant tout populaire, comme l’a rappelé Céline Sitouze, il renvoie aussi aux difficultés profondes que traverse La Réunion sur la question du logement.
« Chacun aspire à la même chose : avoir un toit. Aujourd’hui, il n’est pratiquement plus possible d’avoir une case à terre. Notre urgence est de construire pour répondre à la forte demande liée à la démographie dans la zone Nord », a résumé la maire.
Pour Alek Laï Kane Cheong, maire de Sainte-Suzanne, la réponse passera aussi par une autre manière de bâtir, en conciliant aménagement, qualité des constructions et cadre de vie.
Le sujet tombe au moment où les bailleurs sociaux, principaux constructeurs de logements sur l’île, alertent sur la baisse drastique de la Ligne budgétaire unique (LBU) prévue pour 2026, avec un risque réel sur la sortie de nouveaux programmes.
Bareigts charge les bailleurs sociaux
Les bailleurs sociaux ont d’ailleurs dû avoir les oreilles qui sifflent lorsque Ericka Bareigts s’en est prise frontalement à eux.
« Ils ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ils n’innovent pas, construisent mal, ne font pas des immeubles en adéquation avec les attentes de notre territoire. »
La maire de Saint-Denis aimerait même voir les bailleurs présents lors des prochaines éditions du salon, pour s’inspirer des tendances actuelles et proposer des logements mieux adaptés aux attentes des futurs locataires.
« Il faut des bâtiments qui s’intègrent avec le vivant. Il faut se poser la question : comment bâtir pour que les gens se sentent heureux ? »
En attendant, le Salon de la maison ouvrira bien ses portes du 1er au 10 mai. Reste à savoir si cette édition permettra aux exposants de faire le plein… et aux ménages de réaliser encore quelques bonnes affaires dans un quotidien économique de plus en plus incertain.


