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Trafic de cocaïne et de "dou" : la tête de réseau et ses lieutenants stockaient la drogue et le cash dans un box du chef-lieu

Ecrit par E.L. – le vendredi 17 avril 2026 à 18H40
Photo d'illustration.

Mardi, les policiers du Port, épaulés par ceux du STPJ, du SIAT et du Gir ont procédé au démantèlement d’un trafic de cocaïne et de « dou » à la fois structuré et extrêmement lucratif.

Depuis plusieurs mois, les policiers portois étaient sur la piste d’un réseau de trafiquants de drogue particulièrement organisé, opérant essentiellement dans l’ouest de l’île et le chef-lieu du département.

Leur travail de surveillance tous azimuts leur avait déjà permis d’identifier les principaux acteurs de la filière, spécialisée dans la revente de cocaïne et de « dou ». Ils avaient localisé des points de chute prometteurs. Mais ils n’étaient pas encore passés à l’action, préférant sans doute remonter plus en amont du trafic.

Piéton suspect au pied d’une cité

Mais les enquêteurs ont dû changer brutalement leur fusil d’épaule et déclencher un coup de filet à la suite de l’interception inopinée de deux des trafiquants par un équipage de la Compagnie départementale d’intervention (CDI).

La scène s’est déroulée le lundi 13 avril aux abords d’une cité dionysienne. La patrouille présente remarque le comportement suspect d’un piéton. Non loin de lui, ils observent un véhicule à l’arrêt avec un homme resté derrière le volant.

L’homme chemine avec 113.000 euros sur lui

Sans attendre, les policiers décident de procéder à leur contrôle. Leur intuition s’avère payante. Le piéton est porteur d’une très importante somme d’argent en liquide. Il a sur lui pas moins de 113.000 euros.

Intercepté à son tour, le conducteur du véhicule transporte 200 grammes de cocaïne. Les deux hommes, manifestement des trafiquants de drogue, sont placés en garde à vue.

Deux arrestations qui précipitent le coup de filet

Une diffusion auprès des services spécialisés permet d’établir que celui qui cheminait devant la cité, âgé de 34 ans, était déjà dans le collimateur des policiers portois, suspecté d’être la tête de réseau du trafic en cours de démantèlement. Idem pour le conducteur, identifié comme un de ses hommes de main.

Les choses vont alors se précipiter. Les policiers décident d’interpeller sans attendre les autres membres de l’équipe pour éviter qu’ils n’aient le temps de faire le ménage. Dès le lendemain, le mardi 14 avril donc, les policiers du Port arrêtent un puis deux et jusqu’à quatre suspects au fil des jours. Vague d’interpellations donc mais aussi perquisitions.

410.000 euros en cash et de la drogue dissimulée dans un box

Au domicile des suspects, ils ne découvrent ni drogue ni argent, juste quatre fusils ou carabine de chasse chez l’un d’eux. Par contre, les enquêteurs procèdent à l’ouverture d’un box sur Saint-Denis. C’est dans ce lieu de stockage que la tête d’affiche du réseau, jusqu’alors inconnue de la justice en matière de trafic de stupéfiants, dissimulait butin et marchandise.

Dans le box servant de cache, les policiers découvrent une petite fortune en cash. Pas moins de 410.000 euros auxquels s’ajoute de la cocaïne pour un peu moins d’un kilo. 985 grammes pour être précis.

La revente de « dou » s’ancre dans le nord

Il y a aussi une jolie quantité de « dou », encore appelé « B13 », avec 1,9 kilo de produit. Une drogue de synthèse à base de cathinone qui fait des ravages et qui se présente sous la forme de poudre blanche ou beige, revendue à La Réunion à environ 140 euros le gramme.

Le trafic de « dou », plutôt concentré jusqu’à présent dans le sud de l’île, s’étend donc bel et bien aussi dans le nord du département comme le confirme cette prise. Sur les six suspects arrêtés depuis le début de la semaine, trois ont pu rentrer chez eux, ayant fait l’objet de CRPC ou d’une COPJ. Le parquet a considéré qu’il s’agissait de petites mains, dans cette organisation qui revendait au détail auprès de clients isolés mais aussi au kilo à des dealers intermédiaires.

Trois suspects mis en examen

Par contre, la tête de réseau et ses deux lieutenants, la trentaine et la quarantaine, ont été tous trois déférés au palais de justice, ce vendredi en fin de journée. Ils doivent être mis en examen puis probablement placés en détention provisoire.

Les investigations vont désormais se poursuivre, pilotées par un juge d’instruction. Il s’agit pour l’essentiel d’asseoir les contours du trafic mais aussi de tenter de remonter sur ceux avec qui le commanditaire du réseau était en lien.

Un trafic « astronomique »

Il semblerait que ce trafic décrit comme « astronomique » ait été alimenté par voie aérienne grâce à des mules mais fort probablement aussi par voie maritime. Une technique d’approvisionnement déjà observée fin octobre 2025 avec le démantèlement d’un trafic de cannabis entre Tanger et La Réunion qui avait conduit à la mise en examen et au placement en détention de 18 suspects, établis ici et dans l’hexagone, avec des complicités portuaires.

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