Piton de la Fournaise : une légère remise en pression détectée

Alors que l’éruption débutée le 13 février se poursuit sur le flanc sud-sud-est du Piton de la Fournaise, les scientifiques observent une évolution discrète avec une légère reprise de l’inflation de l’édifice. Un signal interprété comme une possible remise en pression du système magmatique.
Dans son dernier rapport, l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) indique que l'éruption en cours reste toujours concentrée sur un seul site éruptif. Les fontaines de lave demeurent visibles depuis le Piton de Bert et le cône continue de s’édifier par accumulation progressive des projections. Désormais fermé latéralement, il génère une activité marquée en tunnel de lave établie en aval du cône.
Les résurgences et les parties actives de la coulée se situent en amont du cassé des Grandes Pentes, où le champ de lave s’élargit et s’épaissit. Le front, lui, reste figé dans la partie basse des Grandes Pentes, à environ 2,6 kilomètres de la route nationale 2, à une altitude de 660 mètres.
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Sur le plan sismique, l’activité demeure faible. Le trémor éruptif, indicateur de l’émission de lave et de gaz en surface, reste relativement stable et de faible amplitude. Depuis le 21 février, une lente augmentation est toutefois observée, ponctuée de variations liées aux évolutions morphologiques du cône ou aux phases de dégazage.
Les débits de lave en surface, estimés par satellite, sont compris entre 1 et 14 m³ par seconde sur les dernières 24 heures, avec des variations possibles non détectables en fonction de la couverture nuageuse.
Une inflation faible mais significative
C’est surtout du côté des données de déformation que l’attention se porte. Depuis plusieurs jours, les stations GNSS situées au sommet et à la base du cône enregistrent une reprise de l’inflation de l’édifice.
Cette inflation reste faible et les données demeurent fluctuantes, mais la tendance semble se confirmer. Elle indiquerait une légère remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.
À court terme, la probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives est jugée faible en raison de la faible activité sismique actuelle. Néanmoins, les premiers signes de re-pressurisation pourraient augmenter cette probabilité si la tendance se confirmait.
L’histoire éruptive du volcan rappelle d’ailleurs que certaines fissures ont pu s’ouvrir sans signaux sismiques marqués, notamment lorsque le magma était déjà dégazé et que sa propagation s’est faite de manière asismique.
Le Piton de la Fournaise reste maintenu au niveau d’alerte 2.1.


