Iran : "On ne peut plus détourner le regard", affirme l’ARCAD

Alors que la contestation contre le régime iranien se poursuit dans un climat de répression sanglante, l’ARCAD, association réunionnaise de lutte contre l’antisémitisme et la désinformation, publie un communiqué. Elle y exprime son soutien au peuple iranien et dénonce le silence des grandes puissances.
Dans un communiqué, l’Association réunionnaise contre l’antisémitisme et la désinformation (ARCAD) a décidé de prendre publiquement position sur la situation en Iran, où la contestation populaire se heurte depuis des semaines à une répression d’une extrême violence.
L’association rappelle d’emblée ce qu’elle considère comme un principe intangible. « La liberté d’écrire, de questionner, de critiquer les pouvoirs, surtout lorsqu’ils sont illégitimes ou tyranniques, est un droit fondamental », écrit-elle, en soulignant que ce droit est aujourd’hui bafoué pour des millions d’Iraniens. Selon l’ARCAD, « des centaines de milliers, peut-être des millions » de personnes descendent dans la rue « jour et nuit » pour réclamer « la fin du régime des mollahs » et refuser de « vivre sous la peur et l’oppression ».
Le communiqué dresse ensuite un portrait sévère du pouvoir iranien, présenté comme un régime qui « joue depuis près de cinquante ans un rôle néfaste partout où il passe ». L’association évoque notamment « sa haine d’Israël et des juifs du monde entier », son soutien « aux organisations terroristes et aux narcotrafiquants » et ses « campagnes de désinformation auprès de certains intellectuels occidentaux ». Un système qui, selon l’ARCAD, « tue, martyrise et opprime tout un peuple, le privant des droits humains les plus élémentaires ».
"20.000 manifestants tués"
Sur le plan humain, le bilan avancé est lourd. L’association rappelle que « 150 000 Iraniens ont été exécutés après condamnations à mort par pendaisons » depuis l’arrivée au pouvoir des mollahs et affirme que, dans le contexte actuel, « les estimations les plus pessimistes font déjà état de près de 20.000 manifestants tués ». Des chiffres difficiles à vérifier de manière indépendante, mais qui traduisent, selon elle, « l’ampleur de la brutalité exercée contre une population désarmée ».
Si l’ARCAD « salue le courage de ce peuple clairvoyant qui lutte pour faire chuter ce régime », elle dit surtout son incompréhension face au silence international. « Face à cette révolution pour la liberté, nous nous interrogeons sur la faiblesse des réactions gouvernementales, y compris au plus haut sommet de l’État », écrit-elle, allant jusqu’à demander : « Pourquoi cette aphonie ? Par peur ? Pour d’autres raisons difficilement avouables ? »
En conclusion, l’association appelle à un engagement clair. « À l’heure où tout un peuple se soulève pour réclamer le premier des droits, celui de vivre en liberté, le soutien de la communauté internationale doit se faire sans conditions ni positions politiciennes », affirme-t-elle, avant de lancer un message sans détour : « Vive l’Iran libre ».


