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Frédéric Ladauge, artisan discret et pluriel de la culture réunionnaise, s’est éteint à 57 ans

Ecrit par G.D. – le mercredi 7 janvier 2026 à 17H02
Photo : Facebook - Les Vwadhéva

Artiste aux multiples talents, percussionniste, homme de théâtre et zarboutan, Frédéric Ladauge est décédé mardi 6 janvier 2026 à l’âge de 57 ans. L’annonce de sa disparition, rendue publique ce mercredi, a provoqué une vague d’émotion et de nombreux hommages sur les réseaux sociaux.

La scène culturelle réunionnaise a perdu l’un de ses artisans les plus discrets et les plus engagés. Frédéric Ladauge est décédé mardi 6 janvier 2026 à l’âge de 57 ans. L’annonce de sa disparition, faite par ses proches le lendemain, suscite une vive émotion dans le milieu artistique où les messages de condoléances et les témoignages se multiplient depuis sur les réseaux sociaux.

Artiste dionysien reconnu pour sa polyvalence, Frédéric Ladauge était à la fois percussionniste et homme de théâtre. Il était le fils de Bernadette Ladauge, figure emblématique du folklore et de la musique traditionnelle réunionnaise, elle-même héritière d’une lignée d’artistes ancrée dans la culture créole. Neveu d’Henri Legras, musicien des Jokarys, Frédéric Ladauge avait grandi dans cet univers où la musique et la transmission occupaient une place centrale.

Très tôt, il s’engage dans un parcours artistique pluridisciplinaire. Il travaille notamment avec le Groupe folklorique de La Réunion dirigé par sa mère, et se perfectionne aux percussions à Paris, à l’école d’Atila Zombori, ainsi qu’auprès d’Abou M’Boup. Ces expériences nourrissent une pratique à la fois respectueuse des traditions et ouverte aux influences contemporaines.

Un homme de théâtre...

Son nom reste aussi étroitement lié à l’histoire du Théâtre Talipot, compagnie fondée en 1986 au Port par Philippe Pelen Baldini. Frédéric Ladauge en fut l’un des membres fondateurs et le musicien-percussionniste attitré. Il a accompagné de nombreux spectacles marquants de la troupe, dont Adrien, il y eut un matin, une création qui a rayonné bien au-delà de La Réunion, dans l’océan Indien, en Afrique et en Europe. Au sein du Talipot, il apportait sa connaissance intime des rythmes créoles mais aussi sa formation de comédien acquise au Centre d’Action Culturelle de La Réunion, contribuant à ce théâtre du corps, de la mémoire et du métissage.

En 2001, il s’engage dans une nouvelle aventure artistique et familiale en cofondant avec son épouse Isabelle la Compagnie Aster, officialisée en 2010. Ce projet réunit plusieurs générations : Frédéric à la musique, Isabelle et leur fille Eugénie au jeu, et leur fils Pierre à la création lumière et à la régie. Le spectacle La Fontaine, fables choisies, qui mêle théâtre, musique live, danse et manipulation, illustre cette démarche de théâtre métissé et accessible, largement diffusée dans les établissements scolaires de l’île, témoignant de l’engagement de Frédéric Ladauge dans la transmission auprès des jeunes.

...et passeur de mémoires et émotions

Au-delà des scènes institutionnelles, il était connu pour sa grande disponibilité et sa capacité à passer « de la scène de théâtre au bal la poussière », du spectacle de marionnettes à la tournée, incarnant la figure de l’artiste complet, à la fois technicien, musicien et comédien.

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages affluent, saluant un artiste talentueux, généreux et plein d’humour, ainsi qu’un homme profondément attaché à la culture réunionnaise. Une veillée est organisée ce jeudi 8 janvier 2026 à La Montagne.

Avec la disparition de Frédéric Ladauge, La Réunion perd un zarboutan, un artisan du spectacle vivant qui aura consacré sa vie à faire dialoguer traditions et créations contemporaines, souvent loin des projecteurs, mais toujours au cœur de la scène.

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