Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : « Quelle indignité ! »

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :
Dans la cacophonie ambiante, savamment entretenue par les communicants de M. Sarkozy et abondamment relayée par certains médias, il est nécessaire de rappeler quelques vérités incontestables.
Dans l’affaire des écoutes, dite aussi affaire Bismuth, l’ancien président de la République a été définitivement condamné en décembre 2023 à trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme sous bracelet électronique et à trois ans d’inéligibilité. La Cour de cassation a confirmé le jugement en première instance du Tribunal correctionnel (mars 2021) et celui de la Cour d’appel (mai 2023).
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Dans l’affaire du financement libyen, Nicolas Sarkozy est un présumé innocent condamné en première instance et qui, comme tout justiciable, a la possibilité d’interjeter appel.
Alors pourquoi est-il incarcéré, me direz-vous, avec la perspicacité qui caractérise les lecteurs de Zinfos ?
Aujourd’hui, en France, neuf condamnations sur dix à une peine de cinq ans d'emprisonnement ou plus, en première instance, – ce qui est le cas de Nicolas Sarkozy - sont exécutées immédiatement. Une telle sévérité n’est que la conséquence d’une volonté politique de durcir l’application des peines. Et M. Sarkozy, dès 2003, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, était le plus fervent partisan d’une justice impitoyable, défendant notamment le principe des peines planchers.
La séquence judiciaire à laquelle nous avons assisté marque par ailleurs la faillite d’un système médiatique qui n’a jamais cherché à faire œuvre de pédagogie. Était-il si difficile de nous expliquer le jugement condamnant M. Sarkozy ? Était-il si compliqué de nous dire ce qu’était une exécution immédiate et dans quelles conditions elle s’appliquait ?
Évidemment non ! Mais, pour des raisons aisément compréhensibles, il était plus simple de privilégier l’émotion et de passer les faits sous silence.
En même temps, quand on sait que huit journalistes seulement ont assisté à l’ensemble des débats (qui ont duré trois mois), qu’aucune télévision n’était présente, on comprend pourquoi le commentaire a remplacé l’exposé des faits.
Il est donc nécessaire d’ouvrir les yeux sur la mise en scène que certains veulent nous imposer. M. Sarkozy n’est ni Edmond Dantès, ni le capitaine Dreyfus. Et encore moins un Christ contemporain.
La France n’est nullement déshonorée par le jugement qui a été rendu. Le déshonneur, si déshonneur il y a, est l’œuvre de ces politiques qui piétinent le droit et les institutions. L’honneur perdu est celui d’une certaine presse de connivence qui a oublié qu’elle devait être le quatrième pouvoir indispensable dans tout état réellement démocratique.


