Taxe foncière : La Réunion parmi les taux les plus élevés de France

À La Réunion, la taxe foncière continue de figurer parmi les plus lourdes du pays. Malgré quelques baisses marginales, les propriétaires restent confrontés à des taux dépassant 60 % dans la majorité des communes, avec un niveau record de plus de 90 % à Saint-Louis.
Cinquante ans après sa mise en place dans sa forme actuelle, la taxe foncière conserve une spécificité réunionnaise : des bases élevées et des taux importants qui, combinés, aboutissent à des factures parmi les plus fortes de France. « Les bases sont élevées et les taux de taxation le sont aussi, ce qui aboutit à des taxes foncières très importantes pour une grande partie des propriétaires », rappelle Florent Cormary, co-secrétaire de Solidaires Finances Publiques.
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Selon la Direction générale des finances publiques, les départements franciliens et ultramarins concentrent les impositions les plus lourdes. À La Réunion, aucun taux communal n’est inférieur à 50 %, et 19 dépassent le seuil de 60 %. À Saint-Benoît, le taux s’élève à 70,45 %, malgré une légère baisse. À Saint-Louis, il recule lui aussi, mais reste à un niveau record de 90,48 %.
Une situation qui découle aussi de l'inflation
Cette situation découle aussi de la mécanique nationale : la valeur locative cadastrale, qui sert de base au calcul, est revalorisée chaque année en fonction de l’inflation. Après +7,1 % en 2023 et +3,9 % en 2024, la hausse est de +1,7 % en 2025. Autrement dit, même lorsque les communes gèlent leurs taux, les avis d’imposition progressent mécaniquement.
Traditionnellement, les années pré-électorales se traduisent par peu de mouvements fiscaux. Mais cette stratégie atteint ses limites, estime Solidaires Finances Publiques. « Nous pouvons nous étonner de la soutenabilité de cette politique locale, étant donné que l’État met une pression de plus en plus forte sur les finances locales, alors que les communes ont besoin d’argent pour maintenir leurs services publics et leur niveau d’investissement », souligne Florent Cormary.
L’Association des maires de France chiffre à 71 milliards d’euros la baisse cumulée de dotations depuis 2019. Pour 2026, la ponction supplémentaire atteindrait 10 milliards, avec notamment un gel de 200 millions d’euros sur la mission Outre-mer. « À l’avenir, les collectivités seront forcément tentées ou obligées d’avoir recours à de nouvelles hausses des taux de taxe foncière pour se financer et financer leurs actions », prévient le syndicaliste.


