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Emmanuel Macron à La Réunion : les élus listent leurs attentes

Ecrit par S.I. – le mardi 22 avril 2025 à 06H49
Photo d'illustration

Le président de la République, Emmanuel Macron, est en visite à La Réunion ce mardi 22 avril. Il rencontrera les représentants des collectivités territoriales en fin de journée. Les élus, qui ont manifesté au début du mois, lui demandent d'apporter des réponses aux inquiétudes de la population.

Emmanuel Macron est en visite officielle à La Réunion ce mardi 22 avril. Il se rendra d'abord sur le terrain pour aborder les thématiques de la souveraineté alimentaire et de la lutte contre le chikungunya avant d'échanger avec les élus en toute fin de journée.

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Les représentants des collectivités attendent le président de la République de pied ferme. Beaucoup d'entre eux se sont mobilisés au début du mois pour demander à l'État de repenser son engagement sur le dispositif des contrats PEC.

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Des réponses attendues sur les priorités

La présidente de Région, Huguette Bello, insiste sur l'importance pour Emmanuel Macron d'engager plus d'efforts dans la lutte contre le chikungunya : "Il faut rendre le vaccin gratuit. Il faut rendre également accessibles les moyens de protection comme les produits antimoustiques. Des renforts humains sont demandés. L’État doit mobiliser les moyens, notamment en faveur du CHU."

Elle insiste aussi sur la nécessité d'agir contre la vie chère : "Le débat se focalise souvent sur la fiscalité qui n’est qu’une part relativement modeste de la question. La Région a fait sa part en mettant un taux zéro d’octroi de mer sur les produits de première nécessité. À l’État maintenant de faire sa part en exonérant ces produits de la TVA."

Pour le président du Département, il faut des mesures fortes contre la vie chère : "D’abord, pour casser les logiques d’importation et encourager la production et la consommation locales, la souveraineté alimentaire doit devenir un objectif stratégique pour notre territoire. Ensuite, nous proposons d’étendre à La Réunion le dispositif d’exonération de TVA déjà mis en œuvre aux Antilles, qui porte sur plus de 6 000 produits de première nécessité. Cette mesure pourrait permettre une baisse immédiate et significative des prix de 8,5 à 20 %, en particulier pour les familles les plus modestes. C’est une action concrète, équitable, attendue : un signal fort en
faveur du pouvoir d’achat des Réunionnais
."

La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, regrette le caractère express de la visite d'Emmanuel Macron. Dans un contexte de coupes budgétaires nationales, elle alerte sur les conséquences locales : "Plus de 6.000 jeunes pourraient se retrouver sans solution", prévient-elle.

Sur le logement, elle dénonce une situation de "crise humanitaire". Avec 38 % de logements sociaux à Saint-Denis et l'accueil de populations issues d'autres communes, elle appelle l'État à un engagement plus fort pour répartir les efforts de construction sur l'ensemble du territoire.

Un projet réunionnais, des décisions concrètes

Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne et secrétaire général du Parti communiste réunionnais (PCR), insiste sur la nécessité d'un projet global pour La Réunion. "Il nous faut une loi-programme co-construite pour répondre aux urgences à court, moyen et long terme."
Il réclame aussi des mesures immédiates : mobilisation du fonds Barnier, maintien des contrats PEC et des financements des missions locales, hausse du CAS-Face, moyens pour prévenir les inondations et l'instauration d'un CIOM spécifique à La Réunion.

Le maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa, exprime les attentes fortes de son territoire, touché de plein fouet par les récents aléas climatiques et sanitaires. Il appelle à des moyens d'urgence, notamment à travers la technique de  "l'insecte stérile". Il souhaite voir émerger des projets concrets de la Commission de l'océan Indien pour renforcer la sécurité alimentaire et les échanges avec Madagascar.

Le maire de Sainte-Marie exprime ses inquiétudes pour son territoire : "Concernant Sainte-Marie, je souhaite attirer l’attention du Président sur la nécessité de préserver l’équilibre environnemental et social de notre commune. Nous refusons catégoriquement l’implantation d’un ISDU sur notre territoire. Sainte-Marie a déjà pris sa part avec l’accueil de la station du Grand Prado. La population ne comprendrait pas qu’on lui impose un projet aussi lourd, sans concertation sincère, sur un territoire déjà fragilisé."

La place de La Réunion dans l'océan Indien

Michel Vergoz, maire de Sainte-Rose et soutien d'Emmanuel Macron, attend de la visite présidentielle des éclaircissements sur la politique extérieure de la France dans la zone. "La Réunion doit être informée de façon complète de la politique étrangère de la France dans cette région stratégique". Il espère que cette visite permettra de construire, collectivement, "la meilleure synthèse possible face aux contraintes actuelles".

Serge Hoareau, maire de Petite-Île et président de l'Association des maires de La Réunion (AMDR), souhaite que soient abordées des priorités claires : lutte contre la vie chère, crise du logement, situation agricole post-Garance, santé publique et sécurité. Le maire insiste aussi sur le respect des engagements pris en 2019 sur les contrats PEC et la nécessité de "faire entendre les élus" dans un contexte mondial troublé.

Patrice Thien-Ah-Koon, maire du Tampon, salue la venue du Président : "Cette visite ne résoudra pas les problèmes auxquels notre population et les élus doivent faire face, mais une visite de terrain vaut beaucoup de rapports et de discours. "L'urgence, c'est tout ce qui touche au social", souligne-t-il.

David Lorion, maire de Saint-Pierre, insiste sur l'urgence de mesures concrètes pour alléger le coût de la vie, plaidant pour une baisse significative de la TVA sur les produits de consommation courante. Il défend par ailleurs une meilleure valorisation des productions locales, à travers l'application des amendements Malet qui visent à garantir une place privilégiée aux produits réunionnais dans les rayons des grandes surfaces.

Des élus réunionnais peu enthousiastes

Le maire de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, affirme : "Mes attentes restent modestes : que Paris cesse enfin de découvrir tous les cinq ans les mêmes urgences sociales, économiques et sanitaires." Il alerte sur les inégalités sociales accentuées par les choix politiques du gouvernement : "La suppression de l'ISF a allégé la charge des plus fortunés, pendant que l'on imposait aux plus vulnérables des efforts toujours plus lourds." Quant au sens de cette visite, il n'en attend qu'un impact limité : "Ce sera, une fois encore, une opération de communication : de belles images, des sourires bien cadrés, des selfies parfaitement mis en scène..."

Le député insoumis Perceval Gaillard se montre particulièrement critique : "Sa politique a complètement échoué", affirme le député de la 7e circonscription. Il dénonce les récentes mesures qu'il qualifie d'"antisociales et austéritaires". Le parlementaire souhaite que la France défende une position indépendante et non alignée, loin des logiques de puissance. "Nous devons porter une voix au service de la paix, du co-développement et de la protection des océans", plaide-t-il, appelant à renforcer les liens stratégiques entre la France et l'Inde pour préserver la stabilité dans la région.

Même son de cloche du côté du député Jean-Hugues Ratenon : "Je n'en attends rien", déclare-t-il. Le député de la cinquième circonscription réclame notamment un blocage des prix, un plan massif de réhabilitation des logements, la reconstruction du GHER de Saint-Benoît, et le refinancement des contrats PEC. Il résume sans détour sa position : "Ce que j'attends le plus d'Emmanuel Macron, c'est la fin de son mandat."

Le député RN, Joseph Rivière, dénonce lui aussi une "visite électorale". L'élu pointe notamment la suppression de lits hospitaliers et de contrats aidés depuis 2017, alors que les soignants sont "à bout" face aux épidémies successives. "Macron vient faire son marché électoral alors qu'il nous méprise du matin au soir", affirme-t-il, jugeant que cette visite "ne servira que l'abstention et l'extrême gauche".

Le député de la 1ère circonscription (PS), Philippe Naillet, plaide pour une refonte de la stratégie de prévention des risques naturels. « Il faut une autre approche qui met l'accent sur la protection des personnes, des biens et des infrastructures », souligne-t-il, en appelant à des investissements bien plus conséquents que les 2 millions d'euros annoncés jusqu'ici. Il appelle à un plan d'action immédiat contre le chikungunya : distribution gratuite de répulsifs pour les plus vulnérables, accès libre au vaccin, et fourniture de moustiquaires aux mères sortant de maternité.

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