Shark shield : La protection anti-requin existe déjà à la Réunion

Que vaut une bonne protection et la vie sauve le cas échéant ? C''est sous forme de question que Jean-Charles Bray, gérant de Bourbon Marine, magasin spécialisé dans le matériel marin, répond.
Pas opportuniste pour un sou, le professionnel a mis à la disposition de sa clientèle ses premiers sharks shields en novembre 2010, donc bien avant les attaques qui ont alimenté la psychose depuis le début de l''année.
Le dispositif est simple. Il a été conçu en... Australie, et ce n''est pas un hasard. Autour du pied du pratiquant de surf, bodyboard ou de plongée, est attaché une sorte de strap qui permet d''alimenter une corde qui se laisse filer dans l''eau. Particularité de la corde : elle émet un champ électrique autour du surfeur. Une sorte de cage invisible qui laisse à distance le squale. Un champ électrique de 12 volts qui vient perturber les ampoules ou capteurs de Lorenzini, situés au niveau du museau du requin. Le vendeur certifie une sécurité à 100% du dispositif. Comme une voiture électrique, l''appareil se recharge et possède donc un degré d''autonomie de 3 heures.
Vie sauve ou euros ?
"Le champ d''action est de 5 mètres et peut agir jusqu''à 100m de profondeur" précise Jean-Charles Bray, lui-même surfeur à l''époque mais aujourd''hui pratiquant de stand up paddle. "Ce qui freine un petit peu les surfeurs à s''équiper, c''est le poids de l''attache qui pèse 400g". De quoi faire perdre un peu de vitesse au surfeur. "Mais entre vie sauve en cas de mauvaise rencontre et perte de vitesse, le dilemme est vite résolu" répond-t-il. "Ca m''interpelle un peu des fois quand je discute avec des pratiquants qui me disent qu''ils ne sont pas prets à mettre le prix pour ce genre d''appareil alors que leur planche leur a coûté deux fois plus".
L''autre point noir réside dans le prix de l''ange gardien. "A partir de 480 euros" répond le gérant. Après, tout dépend du prix de gros qui peut être négocié avec la maison mère. Mais prochainement, de nouvelles "bagues" aux pieds devraient être moins lourdes et donc moins contraignantes dans la gestuelle.
Une autre contribution, cette fois-ci non commerciale
Pour l''heure, la vente marche du tonnerre auprès des plongeurs et des clubs de voile. Les surfeurs restent réticents, mais jusqu''à quand ?
Mis à part la vente de "sharks shields", Jean-Charles Bray, a participé à la table ronde en mairie de lundi. Il apportera dans les prochains mois sa contribution à un autre niveau. "Avec l''association Océan Prévention Réunion, je vais aller filmer avec une caméra étanche tout ce que je pourrai croiser une fois sur le padlle". Une contribution pour tenter de mesurer avec plus de précision la présence de l''animal qui n''a pas fini de faire parler de lui.


