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Logements sociaux : des maires réclament plus de pouvoir

Ecrit par Prisca Bigot – le mardi 8 avril 2025 à 20H25

Réunis ce mardi 8 avril à l’initiative du maire du Tampon, Patrice Thien Ah Koon, plusieurs édiles de l'île – dont ceux de Saint-Philippe, l'Étang-Salé, Cilaos, Les Avirons, l'Entre-Deux, Saint-Pierre et Sainte-Marie – ont rencontré les bailleurs sociaux pour exprimer leurs inquiétudes sur l’attribution des logements sociaux. Ces maires demandent à reprendre la main sur les décisions d’attribution dans leur commune, invoquant la "préférence communale", mais aussi des enjeux de sécurité et de tranquillité publique.

“Nous ne sommes pas aux premières loges pour faire le choix des attributaires des logements sociaux, par contre, nous sommes en première ligne pour gérer l'ordre public et la tranquillité des habitants”.
C'est pour tenter de renverser la donne que Patrice Thien Ah Koon a invité des maires du Sud, mais aussi celui de Sainte-Maire ce mardi, à échanger avec l'ensemble des bailleurs sociaux.

Des tensions autour de l’attribution et de la gestion des résidences

Lors de cette réunion, les élus ont pointé des problèmes d’entretien des résidences, mais aussi des troubles à l’ordre public, qu’ils associent, parfois de manière discutable, à l’arrivée de populations venues d’autres communes.

Lire aussi : Les maires veulent reprendre la main sur l’attribution des logements sociaux

Le maire du Tampon avait d'ailleurs été l’un des premiers à bloquer les garanties d’emprunt nécessaires à la construction de nouveaux logements, pour forcer une discussion globale sur la chaîne de production et d’attribution.

"Il faut un contrôle de l’afflux de population chez nous ", a estimé Mathieu Hoarau (Étang-Salé) qui soutient l’idée selon laquelle les maires doivent pouvoir décider à qui sont attribués les logements construits sur leur territoire.

Une question politique… et législative

"Nous savons que c’est un problème législatif ", a reconnu Mathieu Hoarau. Une proposition de loi visant à renforcer le rôle des maires dans l’attribution des logements sociaux a en effet été adoptée en première lecture au Sénat le 10 octobre 2023, mais elle n’a toujours pas été examinée par l’Assemblée nationale.

Les élus réunis s'accordent à dire qu'il est nécessaire de répondre à la demande locale, dans un contexte dans lequel certaines communes peinent à atteindre les objectifs fixés par la loi SRU. Aux Avirons, par exemple, plus de 500 familles sont en attente, alors que la commune n’atteint que 13 % de logements sociaux, bien en dessous du seuil légal de 20 à 25 %." On ne choisit pas, on subit", regrette Éric Ferrère." Les maires veulent éviter que le lien social ne se dégrade dans leur commune", ajoute-t-il.

Préférence communale ou clientélisme ?

L’idée de redonner plus de pouvoir aux maires dans l’attribution des logements sociaux suscite aussi des interrogations. Certains y voient un risque de clientélisme, d’autres une réponse logique à une gestion locale du tissu social.

" Ce sont des sujets transversaux qui dépassent les clivages politiques ", affirme Jacques Técher, maire de Cilaos, président de l’Établissement Public Foncier de La Réunion (EPFR). Il rappelle que 250 hectares sont aujourd’hui mobilisables pour du logement social, mais que les obstacles financiers et les délais de portage – de 4 à 5 ans – freinent leur concrétisation.

"Cela va dans le sens de l’histoire que de vouloir satisfaire d’abord sa population locale lorsque l’on construit une résidence sur sa commune", balaie l'inquiétude Olivier Rivière.

Enfin, Richard Nirlo, maire de Sainte-Marie, n’hésite pas à dénoncer une forme de politisation de la part de certains bailleurs sociaux.

Etiquettes : Logement social | Mairie

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