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Affaire des enfants baptisés sans le consentement de la mère : Mgr Aubry réagit

Monseigneur Aubry réagit aujourd'hui à la diffusion d'un reportage sur une chaîne de télévision locale au sujet de l'affaire des enfants baptise?s sans le consentement explicite de la maman.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 7 juillet 2011 à 15H19

Le 2 juillet dernier, la presse locale se faisait l'écho de la colère d'une mère qui avait découvert que ses trois enfants de confession musulmane avaient été baptisés sans son consentement, par leur tante.
Seconde stupeur, la mère de famille découvrait que l'une d'elles était en train de préparer sa communion. Avec son avocat, Me Mihdoiri Ali, elle avait alors décidé d'entamer une action en référé au tribunal de Saint-Denis pour obtenir une décision empêchant l'église de procéder à cette communion. Eglise qui, entretemps, a pris la décision d'annuler la communion ([voir article précédent]urlblank:http://www.zinfos974.com/Le-Port-Trois-enfants-de-confession-musulmane-baptises-sans-le-consentement-de-la-mere_a30128.html?com ).

Hier, une chaîne de télévision a relaté une rencontre entre Me Ali et l'évêché de la Réunion, Monseigneur Aubry. Le journaliste a présenté cet échange comme une sorte de "médiation", or pour Monseigneur Aubry, l'entretien qui s'est déroulé pendant une heure vingt en présence du Père Marc-Antoine Fontelle (conseiller juridique et juge ecclésiastique) n'était qu'une "simple rendez-vous demandé la veille par maître Ali".

Dans un communiqué daté de ce jeudi, l'évêché précise : "Cette maman avait confié ses enfants à sa sœur par une attestation écrite. Par ailleurs, des décisions de justice avaient confié la garde des enfants à cette même sœur en laissant ouverte la question de l’autorité parentale. La tante des enfants les a fait baptiser selon le désir des enfants. Il ne s’agit nullement de  "baptêmes forcés" comme cela a pu être écrit, et dit les jours précédents sur certaines ondes radiophoniques."

Une inversion des séquences qui "oriente la perception du sujet"

Il poursuit : "Le reportage télévisé a inversé les deux séquences filmées d’un seul tenant à l’évêché. La prise de parole de maître Ali a été présentée comme une "réaction" à ma "déclaration" alors que l’avocat a parlé en premier et l’évêque en seconde position. Ce qui m’a permis de rectifier délicatement quelques données de sa part. Cette inversion des séquences oriente de fait la perception du sujet traité", regrette l'Evêché.

A l'arrivée de l'avocat au rendez-vous, Monseigneur Aubry affirme avoir été surpris de la présence de la mère des enfants et de la grand-mère, précédés des journalistes. "Une médiation aurait en même temps supposé la présence de la partie adverse. Ce que j'ai dit à mon interlocuteur", précise l'Evêché. Hors la présence de la mère et de la grand-mère, il a donc reçu l’avocat "par courtoisie" précisant ne pas vouloir "interférer dans une querelle familiale qui doit être tranchée par la justice vu les points de droit en litige. Nous avons pris le temps d’échanger et avons conclu qu’il ne s’agissait pas d’un conflit de religions. Dans le contexte flou, émotionnel, passionné et médiatisé de la querelle familiale, devant l’intervention de l’avocat en référé, le curé du Port n’a pas fait faire la première communion aux enfants et a donné la garantie qu’ils ne participeront pas aux activités de l’Eglise catholique."

Les enfants choisiront leur religion à la majorité

Selon l'Evêché, il n'est pas possible d'annuler un baptême. Toutefois, "si un baptisé demande explicitement de ne plus faire partie de l’Eglise catholique, sa demande doit être prise en considération et inscrite en note marginale sur le registre de baptêmes. Il a été dit aussi publiquement que les enfants choisiront leur religion à leur majorité comme si cela résultait d’un accord entre l’évêque et l’avocat. La foi relève de la conscience de la personne, enfant ou adulte. La pratique officielle et publique du culte peut être différée à la majorité par une décision de justice tout comme elle peut être anticipée par le même processus. Et si les personnes à qui les enfants sont confiés ont la délégation de l’autorité parentale, ces personnes deviennent la référence incontournable."

En conclusion, Monseigneur Aubry appelle à la prière et à la préparation au pardon : "En présence de la mère et de la grand-mère - toutes deux catholiques - et de leur avocat, j’ai insisté pour que dans ce conflit, les membres adultes d’une même famille ne se traitent pas comme des ennemis et pensent à l’intérêt supérieur des enfants. J'ai fait valoir aussi la nécessité de la prière et de la préparation au pardon. Pour permettre à la justice de se prononcer sereinement dans cette affaire, j’ai souhaité que les uns et les autres ne fassent pas "monter la pression médiatique" afin de ne pas aggraver le conflit familial. L’Eglise catholique attachée au respect de son propre droit en harmonie avec le droit civil n’exclut donc aucune des parties. Elle est respectueuse de la liberté religieuse et du dialogue interreligieux, dans le souci du bien commun."

 

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