Petits ménages et précarité : le portrait des demandeurs de logements sociaux à La Réunion

À La Réunion, les personnes isolées et les petits ménages sont les plus nombreux à rechercher un logement social. La précarité financière complique encore davantage leur accès à un toit.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à La Réunion, 80 % des demandes de logements sociaux émanent de petits ménages composés de trois personnes ou moins. Parmi eux, les personnes seules représentent à elles seules 43 % des dossiers. Cette forte proportion accentue la pression sur les logements de petite taille, notamment les studios et les T2, qui concentrent près de la moitié des demandes. Une tendance qui ne cesse de croître, avec une hausse d’un point chaque année depuis 2022.
À l’inverse, les demandes pour des logements familiaux de type T3 ou T4 sont en recul (44 % des demandes), tandis que les grands logements (T5 et plus) sont peu sollicités, représentant à peine 6 % des requêtes. Une évolution qui traduit la diminution progressive de la taille moyenne des foyers réunionnais.
Dans le privé, des loyers trop élevés
Les jeunes sont également très présents dans cette file d’attente : 30 % des demandeurs ont moins de 30 ans. La tranche des 30-39 ans est la plus représentée avec 27 %. En revanche, les séniors restent minoritaires (12 %), mais cette part pourrait augmenter avec le vieillissement de la population.
La précarité financière pèse lourd dans ce paysage. Pas moins de 85 % des demandeurs sont éligibles au logement locatif très social (LLTS), preuve des difficultés croissantes rencontrées par les ménages réunionnais pour se loger dans le parc privé où les loyers sont souvent hors de portée.
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Les raisons qui poussent ces ménages à solliciter un logement social sont variées. Si un quart des demandes ne précise pas de motif, le reste met en avant principalement des logements trop petits (30,2 %) ou trop chers (16 %). Viennent ensuite les séparations conjugales, les situations de handicap et les logements insalubres.
Autre constat inquiétant : les situations d’urgence se multiplient. Près de 3,6 % des demandeurs sont sans abri ou vivent dans des squats, un chiffre en hausse par rapport à 2023. Des conditions extrêmes qui mettent en évidence les limites du parc social pour répondre rapidement aux besoins les plus urgents.
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