Le constat inquiétant de la Fondation Abbé Pierre : 140.000 personnes mal-logées à La Réunion

“La bombe sociale du logement a explosé en France et frappe durement 140 000 personnes mal-logées à La Réunion”, dresse un constat inquiétant la Fondation Abbé Pierre.
4.200 personnes sont domiciliées par les CCAS et les associations soit une augmentation de 68 % en 3 ans ; les demandes (en hausse de 28 % en 2023) pour les hébergements d'urgence ne sont plus honorées faute de place ; et les logements sociaux sont saturés avec une liste de demandeurs qui ne cesse de s'allonger. Dans le même temps, seulement 1 732 logements sociaux ont été livrés en 2023 contre 2.909 en 2017.
Dans le parc de logements privés, la situation est tout aussi alarmante. ”Dans certains quartiers, les locataires ne trouvent plus de biens à louer à des prix abordables avec parfois une hausse de plus de 31% des loyers en 5 ans. Aussi, ils sont souvent contraints d'accepter des conditions de vie dégradées, au niveau financier, avec des taux d'efforts jusqu'à 80% de leur budget consacré au logement et/ou sur la qualité du logement”, note la Fondation Abbé Pierre.
"Cette crise est inédite dans la mesure où elle grippe toutes les sphères du logement en même temps, avec une force et une rapidité inouïes", explique Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre Île de la Réunion / Océan Indien.
Face à ce constat, la Fondation propose des actions “efficaces” en relançant la production de logement social en préservant la loi SRU, par la revalorisation des allocations logement ou encore la généralisation de l'encadrement des loyers en l'expérimentant dans l'Outre-mer. Enfin, la Fondation Abbé Pierre le martèle depuis sa création, il faut “ériger en priorité régionale que plus personne ne dorme et ne meure à la rue, en redonnant un nouveau souffle à la mise en œuvre du plan Logement d'Abord par l'État et le Conseil Départemental”.
Pour parvenir à faire reculer le mal-logement, La Fondation Abbé Pierre appelle à l'ensemble des pouvoirs publics mais aussi les acteurs économiques et sociaux “à prendre la mesure de la crise et à travailler plus fortement ensemble pour garantir pleinement le droit au logement à La Réunion”.


